S’ensuivront, de longues heures durant, des jets de pierres contre les forces antiémeutes qui ont tout de même réussi à calmer les esprits surchauffés à blanc. Après moult palabres entre jeunes et moins jeunes supporters de l’équipe nationale et les éléments de police, la situation s’est apaisée, mais entre temps, une centaine de personnes en colère ont toutefois réussi à rentrer de force à l’intérieur de l’aéroport, avec pour mission première les guichets de l’agence Air Algérie. Avant-hier, 6 vols à destination de Khartoum, hier 6 autres vols étaient encore prévus, mais peu de chance pour la foule qui attendait devant les guichets d’Air Algérie de figurer sur les listes des passagers des six avions. Au niveau de l’agence Air Algérie, des cartons de passeports étaient empilés sur les bureaux, et un fonctionnaire s’égosillait à appeler les supporters par leurs noms avant de leur remettre leurs documents verts. A la zone C de l’aéroport, endroit réservé à l’embarquement pour le Khartoum, les passagers s’éntassaient littéralement dans le petit couloir en attendant le vol prévu à 11h20. Il faut dire que la veille au soir, le vol vers Khartoum qui devait décoller à 18h, a quitté le tarmac de Houari-Boumediene à 2h du matin. Un retard qui n’a pourtant pas découragé les supporters rencontrés sur place. « Nous avons fait le déplacement depuis Michelet avant-hier soir… » après une nuit d’émeute à la belle étoile, nous avons finalement réussi à avoir nos billets… « Maintenant l’avion peut décoller à n’importe quelle heure nous sommes confiants d’autant plus que notre équipe nationale à besoin de ses supporters », dira Kamel d’une voix éraillée. Dans la file d’attente, des jeunes algéroises vêtues de survêtements de l’équipe nationale discutaient de la rencontre Algérie Egypte à Khartoum : « Nous allons en faire qu’une bouchée de ces Egyptiens avant de les renvoyer dans leurs sarcophages. «
Des personnes d’un certain âge avaient également tenu à faire le déplacement à Khartoum comme ce quinquagénaire qui avoue prendre l’avion pour la première fois de sa vie : « C’est un impératif d’aller supporter les Verts en terre étrangère et même si j’ai peur de l’avion je surmonterais cette phobie. » A l’intérieur de l’aéroport, la cafétéria du rez-de-chaussée est partiellement saccagée, idem pour le guichet Marhaba d’Air Algérie chargé de prendre en charge les personnes handicapées et malades. Les vitrines de l’aéroport Houari-Boumediène ont été rudement caillassées, de même que les panneaux publicitaires faisant la promotion de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy. A l’heure où nous mettons sous presse, une foule immense est retenue à l’extérieur de l’aéroport, et les forces de l’ordre sont sur le qui-vive. Des chiens policiers, des éléments de compagnies de forces antiémeutes, chasse neige et autres moyens colossaux ont été dépêchés sur les lieux. Il n’est pas certain que l’ensemble des Algériens ayant fait le déplacement à l’aéroport puisse rejoindre la capitale soudanaise pour assister au match de ce soir.
Hafidh B.
