L’avion qui transporte les joueurs de l’équipe nationale atterrit sur le tarmac de l’aéroport vers 16h30, sous les applaudissements et les chants de milliers de supporters qui leur ont réservé un accueil grandiose, du jamais vu dans les annales du football algérien. Le trajet qu’emprunte le bus des Verts, spécialement aménagé pour l’occasion afin de permettre aux fans d’apercevoir les joueurs, est noir de monde. La route a été fermée à la circulation dès l’après-midi. Après l’accueil des joueurs par les officiels algériens, les joueurs et le staff technique prennent place dans le bus, et dès cet instant, ce fut magique ! L’escorte mobilisée pour l’occasion est débordée, les agents de police sont aussi dépassés par l’ampleur qu’a prise cette marée humaine à l’entrée de l’aéroport. Les joueurs visiblement très émus ont l’emblême national et scandent « one, two, three, viva l’Algérie » dans une ambiance survoltée. ô combien cette ambiance est féerique, fantastique et sensationnelle. Le bus n’arrive plus à avancer dans ce tumulte.
Petits et grands, filles et garçons drapés de l’emblème national et vêtus aux couleurs de l’équipe nationale sont contonnés aux abords des routes, attendant leurs héros avec impatience scandant des slogans à leur gloire.
Au fur à mesure que le bus, qui a pris beaucoup de retard avance, la foule grossit et tout Alger est en effervescence, agrémentée par des feux d’artifice qui enjolivent le ciel.
La nuit tombe, et les joueurs sont toujours bloqués du côté du Palais des expositions. On s’accroche aux arbres et aux réverbères pour apercevoir les joueurs, qui avec des gestes vifs et plein d’émotion les saluent.
A la place de la Concorde (1er-Mai), l’ambiance nous rappelle les images de l’indépendance. L’Algérie renoue avec la victoire et c’est tout un peuple qui réagit, scande, chante, court, saute, s’ambrasse, ce sont les accolades de la délivrance.
Après des années de souffrance, le football a donné aux Algériens le sourire, la joie et le bonheur dont ils furent privés durant des décennies.
Vers 20h00 et après une longue attente, on aperçoit au loin le bus des Verts. C’est l’explosion de joie, on se bouscule et on court pour les voir, malheureusement pour les supporters, le bus ne pourra pas s’arrêter et ralentit à peine. Mais les fans courent derrière et certains s’accrochent au bus et ne veulent pas le lâcher.
Alors on scande « Djeïch, Chaab Maak Ya Saâdane » et « les Algériens ».
Le bus se trouve à côté de l’hôpital Mustapha Pacha, et se dirige vers le Palais du peuple où les joueurs seront reçus par le président de la république.
Alger prend des allures d’une capitale fêtarde, joyeuse et la foule continue à chanter.
Même les autobus ont été envahis, les supporters se tenaient sur les toits pour mieux voir les joueurs reprenant les airs de tubes célèbres à la gloire des Verts « Maak Yal Khedra » et « Djibouha ya Louled » et « Allez les verts ».
Klaxons, tambours et trompettes, la foule toute de verte vêtue crée un spectacle idyllique agrémenté par des pas de danse au rythme de la derbouka et du karkabou. « Vous ne pouvez pas imaginer notre joie », dira une vieille femme les larmes aux yeux.
Le bus de l’équipe nationale arrive enfin après une longue attente au Palais du peuple. Les joueurs n’en revenaient pas, en témoignent les déclarations arrachées à la va-vite à certains joueurs. « Nous sommes ébahis, quel peuple » dira Saïfi.
Quant à Antar Yahia et Yebda, c’est un rêve. « Aucun pays à ma connaissance n’a un peuple qui aime le foot autant, c’est l’artisan de notre victoire et notre qualification. »
H. M.
