A la garde de Dieu

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La grippe porcine, A (H1N1) apparue au Mexique depuis la saison dernière, s’est répandue comme une traînée de poudre à travers la planète toute entière causant la mort de plus de 7826 individus dont un millier durant la précédente semaine, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Algérie n’est malheureusement pas à l’abri de cette pandémie, puisqu’elle a enregistré 12 décès.

367 cas ont été, au total, enregistrés sur l’ensemble du territoire national, a précisé le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Saïd Barkat, lors d’une conférence de presse organisée au siège du ministère. A Tizi Ouzou, 7 cas ont été confirmés. Maâtkas n’a pour l’instant enregistré aucun cas suspect, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras et laisser les choses aller comme si la région n’était pas concernée. Nul n’est à l’abri. Pour le moment, les Maâtkis vaquent à leurs occupations habituelles, le virus de la grippe A (H1N1) est mis de côté comme si toute la localité était protégée par un bouclier magnétique qui empêcherait le virus de s’introduire. Les administrations sont ouvertes, les écoles continuent de recevoir des enfants qui n’ont pour la plupart, pas encore entendu parler de la grippe A et aucune mesure n’est prise pour faire face à ce virus grippal qui a pourtant causé la mort de plusieurs milliers de personnes à travers le monde. Même le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas touché tous les concernés, à savoir les vieux, les personnes dont la santé est fragile et les malades chroniques, les quelques centaines de doses disponibles dans les deux polycliniques que compte la daïra (Souk El Khemis et Souk El Tenine) sont vite épuisées et ne sont concernés que les premiers arrivés.

Aucune campagne de sensibilisation

Les services concernés ont encore une fois de plus brillé par leur absence. La campagne de vaccination n’a pas encore commencé. Chose incompréhensible, la pandémie est déclarée puisque nous venons d’enregistrer 12 décès liés à ce virus. Le vaccin se fait attendre, certes le ministre a déclaré que la campagne commencera lundi prochain et que 900 000 doses ont été réceptionnées. Cette quantité réduite va-t-elle être suffisante, surtout lorsque l’on sait que l’Algérie compte 35 millions d’âmes. Même les 20 millions de doses qui s’ajouteront dans les semaines et les mois à venir seront-elles suffisantes ? Non, à coup sûr. En ce qui concerne la sensibilisation, puisque le vaccin n’est pas pour demain et pas pour tout le monde, les autorités sanitaires et les praticiens de la santé doivent, à notre sens, investir le terrain afin d’expliquer aux citoyens en général le comportement à adopter, les mesures préventives à respecter et les premiers gestes à faire au cas où la contamination a lieu. Pourtant “prévenir vaut mieux que guérir”, un slogan que l’on entend sous tous les cieux !

Les médias lourds et la presse écrite

La télévision algériennes (toutes chaînes confondues) se contente uniquement de passer de temps à autre ce spot vieillot qui conseille de se laver les mains fréquemment et d’utiliser les mouchoirs jetables au lieu d’organiser des tables rondes et d’inviter les spécialistes en maladies virales qui sont les plus habilités à parler du sujet, vu leur profonde connaissance. La télévision algérienne peut également donner la chance aux citoyens de poser des questions directement aux spécialistes ou par e-mail. Ce genre d’opportunités peut aider les citoyens à mieux se préparer contre cette maladie. La radio peut également jouer un rôle important dans la sensibilisation des citoyens, puisque les fans sont nombreux. Hormis la presse écrite qui, faut-il le signaler, suit chaque jour l’évolution de la pandémie et annonce chaque nouvelle information liée au virus A (H1N1) pour bien entendu informer et sensibiliser les lecteurs, les autres canaux de l’information préfèrent jouer aux spectateurs. Seulement la presse écrite ne concerne que quelques milliers de citoyens car beaucoup d’Algériens ne lisent pas. Ce qui réduit significativement son efficacité. Il est grand temps que les médias lourds se joignent à la partie et s’impliquent davantage pour mieux combattre cette pandémie qui risque fort d’endeuiller beaucoup de familles.

Ce qui peut aider à travers l’orage

Des campagnes de sensibilisation sont une conduite sine qua none pour limiter l’ampleur des dégâts. Les professionnels de la santé sont les premiers concernés. Par conséquent, ils sont tenus de sortir sur le terrain et d’organiser des visites dans les écoles, les villages et les différentes administrations pour bien expliquer aux gens ce qu’est le virus A (H1N1), établir des contacts directs avec les écoles et leur expliquer la conduite à tenir et les mesures préventives à respecter, comme se laver plusieurs fois les mains avec du savon liquide, utiliser des mouchoirs jetables pour se moucher, éternuer ou tousser, les inviter à éviter les contacts physiques, comme se serrer la main et s’embrasser et leur conseiller de consulter en urgence ou d’appeler le numéro vert 3030 en cas de forte fièvre, de toux, de courbatures et de fatigue. Pour ce qui concerne la télévision et la Radio nationale, des émissions, des tables rondes et des spots publicitaires sont vivement recommandés. Les plus hautes autorités sanitaires sont également interpellées pour faire le nécessaire pour vacciner les Algériens, tous les Algériens car seul le vaccin pourra mettre tout le monde l’abri.

Hocine Taïb

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