Djezzy – Nedjma : Qui aura le dernier mot ?

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D’un coté on maintient le principe que c’est l’opérateur de téléphonie mobile Nedjma qui en détient les droits et de l’autre, le G6 soutient mordicus qu’il n’ira pas à cette épreuve sans le logo de Djezzy, malgré les sanctions prévues à cet effet. Ce bras de fer autour de la Coupe d’Algérie, avec pour toile de fond, une guerre commerciale entre les deux opérateurs de téléphonie mobile Nedjma et Djezzy, est en vérité né au lendemain de la signature par la FAF d’un contrat avec Nedjma qui stipule que l’opérateur obtient l’exclusivité totale sur la Coupe d’Algérie. Suite à quoi, la FAF publiait le règlement de la Coupe d’Algérie qui comprend un article explicite (article 9) : “La Fédération algérienne de football dispose des droits exclusifs de publicité sur les maillots et sur les stades durant les rencontres de la coupe d’Algérie.” Or, Djezzy est sponsor de six clubs majeurs de D1 et naturellement fait pression sur ces équipes pour refuser d’appliquer le règlement, en les menaçant de résilier leurs contrats. Ceci n’est pas resté au stade de la “parlotte” dès lors que dans un communiqué, diffusé à l’issue d’une réunion s’apparentant à un conclave, les six présidents ont déploré la décision de la FAF de les obliger à jouer la Coupe d’Algérie avec les couleurs d’un autre sponsor (ndlr Nedjma). Ils ont dénoncé leurs exclusion et marginalisation de cette compétition. Car, estiment-ils, la décision de la FAF va faire plonger les clubs sous contrat avec Djezzy dans des problèmes administratifs, financiers et judiciaires tenant compte de l’avertissement de Djezzy. “Si un des six clubs concernés participe à la Coupe d’Algérie aux conditions de la FAF, son contrat sera résilié”, est-il mentionné dans un communiqué rendu public à la suite d’une réunion tenue à l’hôtel Hilton d’Alger. Les clubs ont fini par opter pour leur survie financière, en prenant le risque d’être sanctionnés par la FAF. Dans la plupart des grands pays de football, il a été convenu depuis plusieurs décennies, que les clubs professionnels, organisés sous forme de groupement ou de ligue, jouissent des droits des championnats pro et que les Fédérations gardent la main sur les Coupes nationales qui elles touchent aussi le football amateur. Jusqu’à cette saison, la gestion des droits d’image des compétitions n’était pas organisée et n’importe qui les exploitaient à ses propres fins à peu près comme il le voulait. C’était le cas de l’ENTV qui vendait du sponsoring sans accord avec la FAF mais aussi des clubs qui signent des contrats de sponsoring sans savoir vraiment quels sont les droits dont ils jouissent. A l’heure actuelle, les 6 présidents des clubs Djezzy sont déterminés à se faire entendre, quitte à faire l’impasse sur la coupe d’Algérie/ Pïre, les équipes engagées en compétitions arabe et africaine comptent déclarer forfait. Les clubs ont fini par opter pour leur survie financière, en prenant le risque d’être sanctionnés la par la FAF. Mais quand on sait justement qu’il ne s’agit pas de n’importe quels clubs, à savoir : la JSK, l’ESS, l’USMA, le MCA, l’ASO, le MCO, il est clair que les responsables de la FAF seront soumis à rude épreuve.

Yannis Zafane

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