C’est en conjuguant les efforts internationaux, additionnés à un soutien indéfective d’Alger et de Madrid et de l’opinion publique, que la militante sahraouie dont les droits ont été bafoués par le royaume chérifien, a pu regagner sa patrie après une lutte acharnée et une grève de la faim qui ont consolidé sa volonté et sa conviction d’instaurer la liberté dans son pays. Enième provocation du Maroc, qui, par la voix de son ministre de la Communication, Khalid Naciri, accuse l’Algérie d’être derrière la grève de la faim observée par la militante sahraouie des droits de l’homme Aminatou Haïdar, qui a pu, par sa force de conviction et d’abnégation, remporter une victoire historique sur le Maroc en regagnant sa patrie. Par ricochet, et usant d’un discours peu diplomatique, Khalid Naciri, qui s’est confié à l’AFP, a qualifié l’affaire Aminatou Haïdar de « complot systématique, méthodique, ourdi par l’Algérie », piétinant de ce fait le protocole d’usage en versant dans des déclarations-couperet sans fondements. Allant plus loin, le ministre marocain de la Communication verse abondamment son venin de crotale sur l’Algérie. « L’Algérie croit avoir trouvé un filon pour s’attirer à bon compte la sympathie de l’opinion publique internationale » a-t-il confié à l’AFP. La presse marocaine y va de même en accusant l’Algérie de tous les maux. Calomnie et diffamation semblent nourrir les médias du royaume chérifien qui, de manière récurrente, versent dans des attaques sans fondements appuyant les déclarations de leurs autorités. Ces dernières qui piétinent les droits de l’homme, occupant invétéré des territoires sahraouis, s’auto-adjugent le titre de donneurs de leçons, appuyées par la France de Sarkozy. De manière unilatérale, le Maroc ne rate aucune occasion pour tirer sur les autorités algériennes. Khalid Naciri l’a démontré par ses propos : « Le timing est significatif, et l’Algérie est en position de faiblesse par rapport au plan d’autonomie mis en œuvre par le Maroc pour le Sahara occidental et qui est bien accueilli par la communauté internationale. » Jouant sur la provocation, le Maroc dont les pratiques tortionnaires contre le peuple sahraoui suscitent l’indignation de l’opinion internationale qualifie le cas d’Aminatou Haïdar d’ »instrumentalisation odieuse ». Aminatou Haïdar qui a pu regagner le Sahara occidental suite à une grève de la faim qui a duré plus d’un mois aux îles Canaries, a remporté une grande victoire sur les autorités du royaume chérifien. Néanmoins, le Makhzen a encerclé le domicile de la militante dès son arrivée. Selon l’agence de presse sahraouie, « des éléments de la police en uniforme et en tenue civile soutenus par des forces auxiliaires ont encerclé le quartier Bir El Jadid et se sont déployés partout dans la ville avec des dizaines de véhicules pour empêcher d’éventuelles manifestations ». Une amnésie royale caractérisée, soulevant l’indignation du président sahraoui Mohamed Abdelaziz qui conjugue cette affaire avec une volonté marocaine de faire taire toute tentative de parole ou de lutte pour le respect des droits de l’homme et l’autodétermination du peuple sahraoui.
Hacène Merbouti
