Les banques privées et publiques font face à un handicap majeur, celui du non-remboursement des crédits contractés par les entreprises algériennes, notamment celles qui n’arrivent pas à générer des bénéfices, et c’est le cas pour plus de 2500 PME qui ont mis la clé sous le paillasson, sans toutefois rembourser les crédits contractés en premier lieu au niveau des banques publiques. En effet, plus de 100 milliards de DA de crédits n’ont pas encore été remboursés, selon les dernières statistiques des organismes financiers algériens. Néanmoins, cela dépend d’un établissement financier à un autre et selon la nature du crédit contracté et les conditions de l’octroi.
Confirmant le niveau de la surliquidité des banques qui s’élève à 50 milliards de dollars, souvent des fonds qui sont destinés à la couverture des opérations à l’étranger, le président de l’Association des banques et des établissements financiers, Abderahmane Benkhelfa, invité hier matin de la rédaction de la Chaîne III, a indiqué que « le montant de ces surliquidités au niveau des banques n’est pas dormant » ajoutant que « le stock des crédits à l’économie avoisine 2 700 milliards de dinars, dont plus de 80% sont destinés aux entreprises et 10% aux particuliers ».
Concernant un autre volet, celui des crédits octroyés, l’intervenant dira que « le taux de non-remboursement des crédits bancaires a atteint en 2009 les 25 %, et je crains que ce chiffre n’enfle encore si certains établissement financiers ne changent pas leur politique » a-t-il indiqué.
Dans ce sens, il martèle : « Vous savez, tout dépend des banques et leurs conditions d’octroi des crédits, c’est un problème majeur qui caractérise certaines d’entre elles, cette problématique était moins importante ces dernières années. » Et de poursuivre que « les banques et vu ce chiffre commencent à se méfier, et il est de plus en plus difficile d’accéder à un crédit même en fournissant toutes les garanties, il y va de la survie des établissements financiers, surtout les plus fragiles d’entre eux ».
Le taux d’octroi des crédits a littéralement explosé ces dernières années, et le nombre d’entreprises créées confirme la donne. C’est cette charge additionnée à la suppression du crédit à l’achat qui a bouleversé les établissements financiers. Dans ce contexte, Abderahmane Benkhelfa explique que « la situation qui prévaut actuellement ne fait que compliquer les négociations autour de nouveaux financements et investissements, une situation délicate à laquelle il est primordial de trouver des solutions. Il est impératif que le crédit reste classique et garanti, adossé sur la fiabilité de l’entreprise ».
Abderahmane Benkhelfa incombe la faute aux pouvoirs publics ainsi qu’aux entreprises qui, selon lui, ne jouent pas le jeu de la clarté et de la transparence. « En Algérie, on ne fait guère les choses convenablement et clairement, et dans ce cas, les banques ne recourent à la justice que dans des cas vraiment extrêmes, alors elles se ruent vers des solutions à l’amiable, mais ça ne marche pas à tous les coups, et dans ce cas là, notre seule alternative est de rendre le tissu des entreprises concurrentiel et performant, comme cela est de coutume dans les pays voisins, le Maroc et la Tunisie ainsi que dans les pays développés » a-t-il indiqué.
Hacène Merbouti
