Des habitants du quartier Djama dans la rue

La circulation automobile a été sérieusement perturbée hier matin au centre-ville de Béjaïa. Et pour cause, la colère d’une population exaspérée par des promesses sans lendemain s’est déversée dans la rue pour manifester son mécontentement suite à la non-satisfaction de ses revendications par les pouvoirs publics. Des revendications pourtant maintes fois réitérées mais demeurant insatisfaites, du moins jusqu’à hier.

En raison d’une gestion kafkaïenne caractérisant le secteur de l’hydraulique à Béjaïa-ville, les habitants du quartier Djama ont, en effet, exprimé d’une manière somme toute récurrente depuis un certain temps, leur courroux en occupant dès la matinée d’hier, la voie publique. Ils ont réitéré pour la énième fois leur principale revendication : « En finir avec les perturbations récurrentes dans la distribution de l’eau potable.  » Même durant cette saison hivernale, s’indigne-t-on, les foyers de ce quartier et tant d’autres à l’image de Dar Djebel, ne sont pas alimentés en eau potable des jours durant, voire des mois. Les pouvoirs publics expliquent cette pénurie par la vétusté des réseaux AEP. Et les responsables en charge du secteur se renvoient la balle. La direction de l’ADE se déclare « non habilitée » à rénover les conduites, les autorités communales se plaignent du manque de « liquidités » et la direction de l’hydraulique s’abstient de tout commentaire. Et du coup, la situation se corse ! Hier, le maire de Béjaïa s’est déplacé au quartier Djama, pour persuader les habitants mécontents de ce quartier à dégager la voie publique, tout en leur promettant que leurs doléances seront prises en charge sur les PCD 2010.

Pour en finir avec les perturbations dans l’alimentation en eau potable de ce quartier, il suffit juste de rénover une conduite longue de 450 mètres ! Pour les habitants du quartier Dar Djebel, ils doivent encore patienter pour boire l’eau des robinets car la direction de l’ADE n’est pas au courant que ce quartier périphérique de Béjaïa n’est pas alimenté depuis dix mois ! Incitation à la violence ? Peut-être.

Selon le président de l’association Tafat dudit village, la direction de l’Algérienne des eaux a été saisie plusieurs fois à ce sujet, mais hésite à y remédier. Notre interlocuteur précise en outre que les habitants du quartier ont organisé auparavant plusieurs actions de protestation, dont des sit-in devant le siège de l’ADE, pour interpeller les responsables quant à la pénurie d’eau potable à Dar Djebel, mais rien n’a été fait jusque-là pour en finir avec cette situation.

Dalil S.