Le premier responsable de la corporation a compris finalement que nos enfants sont surchargés, voire submergés. Alors, la décision de leur accorder des petites vacances pour leur permettre de souffler un peu, et d’entamer le 3ème trimestre de la plus belle manière. Cette décision bien accueillie et possible, fut annoncée à grande pompe au grand bonheur des élèves, des professeurs et des parents. Certains ont prévu même des sorties avec leurs enfants pendant ces quelques journées de répit. Hélas, ça ne sera pas le cas, car le département concerné décide de retourner la veste, point de vacances pour tout le monde. Chose prévisible, pour certains observateurs. Le nombre de journées de grève observées par les professionnels de l’éducation, constituait un indicateur révélateur. Le retard accumulé dans l’avancement des programmes est énorme pour s’offrir des vacances supplémentaires. Seulement, une question s’impose et taraude les esprits : cette mesure d’annuler ces vacances de deux jours permettra-t-elle de récupérer les dizaines de journées perdues ?
Sachant pertinemment que la protestation se poursuivra encore et se corsera davantage, à en croire, les échos qui nous parviennent des différents syndicats du secteur, certains prévoient des grèves illimitées et ce, dès la fin de ce mois de février. Et puis, il y a des écoles qui, même si elles ne sont pas nombreuses, n’ont pas connu de débrayage. Pourquoi nous a-t-on privé de cette petite halte ? se demandent-ils. Une chose qui peut les inciter à revoir leur choix et élargir le champ de la protestation. A-t-on pensé à cela ?
Pour connaître les avis des uns et des autres, nous avons jugé utile de mener une petite enquête, dont voici le résultat.
Les parents d’élèves Les avis sont partagés
Pour Dda Amar, du côté de Souk El Tenine : « Le ministre a bien fait d’annuler ces vacances, car le retard dû aux fréquentes et rituelles grèves est considérable. Ces deux journées donneront l’occasion aux profs de limiter les dégâts. Pour cela, il faut également éviter d’autres mouvements de débrayage ». Pour Dda Ahcène, père de deux lycéens, le son de cloche est le même : « Nos enfants sont des victimes du bras de fer engagé entre la tutelle et les professeurs. Annuler ces petites vacances est une bonne chose. Cela permettra de combler quelques lacunes. Mais il faut également mettre fin à ce bras de fer. Si la grève se poursuit, cette mesure ne changera rien ».
Les enseignants
Une mesure vaine et arbitraire
Un professeur du côté de Maâtkas tonnera : « C’est du n’importe quoi. Le problème n’est pas résolu et on décide d’annuler deux petites journées de vacances. S’il y a une réelle volonté de trouver des solutions, il faut d’abord résoudre le fonds du problème. Nos revendications ne sont toujours pas accordées. La sourde oreille des responsables finira par provoquer l’irréparable ».
Un PEM dans la localité de Souk El Tenine trouvera : « La sagesse n’existe plus dans ce bas monde. Le conflit n’est pas près de connaître son épilogue et l’on pense déjà à rattraper le retard. Résolvons d’abord le problème, puis procédons à la remédiation. Cette mesure d’annuler les petites vacances est vaine et arbitraire. «
Un enseignant du primaire, adhérent de l’UGTA, regrettera : « Dans notre établissement, la grève n’a eu lieu qu’une seule fois, pourquoi nous mettent-ils sur la même ligne ? Nous n’avons aucun retard, on aurait dû faire une exception. Cette annulation n’est pas juste et n’est pas bien réfléchie. «
Une enseignant dans une autre école dira : « L’annulation est une bonne chose, nous avons beaucoup de retard. Mais il est essentiel de trouver un accord pour en finir avec la grève. Les élèves payent pour des fautes qu’ils n’ont pas commises. Le ministre devra faire un effort ».
Les élèves pour leur part : « On aurait aimé avoir ces petites vacances »
Un écolier du primaire, à qui nous avons posé la question, répondra avec beaucoup d’innocence : « Notre maîtresse nous a appris depuis dimanche passé, que nous aurons de petites vacances. On était bien content de l’apprendre. Aujourd’hui, elle nous a informé qu’elles sont annulées. Dommage ».
Une collégienne nous dira avec mécontentement : « Avec mon père, nous avons prévu d’aller à Alger pour rendre visite à mes tantes et puis, il m’a promis de m’emmener au parc de Ben Aknoun. Hélas ! Le rêve a pris fin lorsque le directeur est passé dans notre classe ».
Un élève de terminal : « De toutes les manières, nous avons trop de retard. Vacances ou pas vacances, cela ne changera rien. Certes, on nous dit que les sujets ne porteront que sur ce qui a été fait. Mais pour le moment, on a presque rien fait. On ne va pas nous proposer de sujets bidon ? Cette année est unique en son genre. A chaque nouvelle grève, c’est notre bac qui s’éloigne un peu plus ».
Hocine T.
