Une baisse de 100 DA

Pour s’approvisionner en bestiaux, plus particulièrement en bovins, les maquignons de Aomar, ainsi que ceux de toute la région de Kabylie, prennent le chemin des marchés de Setif et El Eulma, ces derniers se sont fait une réputation de grands fournisseurs dans cette variété de viande rouge. Setif et El Eulma, ces deux villes des Hauts Plateaux, où se négociait habituellement, et des années durant, le kilogramme de viande bovine a pas moins de 580 à DA 560, ont enregistré d’une manière inattendue ces derniers jours, un recul sensible du prix du poids vif. Pour celui qui ne connaît pas assez ces deux localités, elles disposent de très vastes étendues de terre, mais du fait, des fortes et longues gelées sévissant presque jusqu’à la fin du printemps, elles ne servent que pour des cultures fourragères et pastorales, les propriétaires terriens ont changé leur fusil d’épaule, nous déclare un maquignon d’Aomar « ils ont investi dans l’engraissement, ceux-ci disposent d’étables modernes et richement pleines, qui n’ont rien à envier aux fermes exploitées en Amérique Latine ». Seulement, ces investisseurs nationaux, faute de n’avoir pas tenu de la période d’après engraissement, un laps de temps très court, où il est opportun de liquider la marchandise, se voient maintenant en possession de milliers de bêtes prêtes pour l’abattage sur le dos, mais signale le maquignon de Aomar « sans acheteur en vue ». Un vrai casse-tête pour les éleveurs de l’est car figurez-vous, que ce genre de créneau d’activité porte sur des centaines de têtes par étables, les charges représentants les frais de l’alimentation, les visites du vétérinaire et le local, les contraignent à ne pas dépasser la durée d’engraissement du veau de 6 mois, sinon précise t-il « 15 jours de retard, sont suffisants pour engranger le bénéfice, et une partie du fond engagé ». Mais, au regret de ces prédateurs économiques en apprentissage, et à peine s’être mis dans l’affaire, amplifié certes par un climat de pertes et d’immobilisme qui prévaut dans l’affaire dus, certes à l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens et de l’inexistence d’un réseau d’écoulement, deux paramètres déterminants, note t-il « qui ont influé négativement sur les éleveurs, il y en a qui abaissent de 140 DA/KG le coût vif de la bête ».

Une chute brusque et conséquente sur le marché de Setif et d’El Eulma esimée à 100 DA en moyenne, où le kilo vif est cédé cette semaine à 485 DA, ce qui le ramène au prix pratiqué sur champs, il y a 20 ans de cela, où il faisait 475DA. Une baisse évidemment qui n’est pas restée sans suite, voire des boucheries ravitaillées de l’est, lesdont les clients, ironise l’intermédiaire dans la chaîne de vente « ont hésité au départ croyant à une viande de vieux bœufs de labours ».

A. Chérif