Encore une fois, l’ex-GSPC a planifié un attentat-suicide, politiquement conçu comme coup médiatique spectaculaire. Le bilan des victimes recensées à Ammal, durant la soirée de jeudi dernier, est presque égal, chose révoltante, à celui dénombré lors des attaques-kamikazes ayant jalonné l’année 2008, tant à Tizi-Ouzou, que dans d’autres localités de Boumerdès. Ici et là ce fut l’expression de l’extrême violence qui caractérise la soldatesque de Droukdel. En jetant l’un de ses éléments –ceinturé d’explosif, ou au volant d’un véhicule piégé– pour faire un carnage dans un espace public, l’organisation terroriste d’obédience salafiste veut montrer qu’elle est toujours là capable de frapper fort. Mésestimer les capacités de nuisance des hordes islamistes, encore en cavale, ne peut qu’entraîner un relâchement de la vigilance dont les conséquences sont toujours désastreuses. Mais l’on doit savoir que cette énième escalade barbare montre que, l’ex-GSPC est bel et bien dans l’impasse. L’on peut même soutenir que l’organisation terroriste précitée est en proie à une crise interne, notamment dans différents coins de la Kabylie. D’autant que pas moins de cinq terroristes s’y sont rendus aux autorités de Boumerdès, entre novembre 2009 et juin 2010. S’y ajoute l’élimination depuis 2007 d’une dizaine de chefs, terroristes ayant agi pour le compte du GIA et du GSPC. En plus de l’élimination de cinquante terroristes en une année, de nombreux réseaux de soutien à l’islamisme y ont été démantelés.
Salim Haddou
