Selon Le Robert, l’amiante est » une variété de silicate pouvant être travaillée en fibres ». Grâce à ses qualités et vertus avérées en matière de résistance à la chaleur, au feu et sa stabilité chronique, cette matière est très utilisée dans plusieurs secteurs tels l’industrie du bâtiment, l’étanchéité l’isolation des constructions navales, l’automobile, l’industrie alimentaire et pharmaceutique…
Elle est apparue en Algérie dès les années 1950, durant la construction effrénée de chalets et de bâtisses administratives et d’habitations. Et cette cadence s’en est allée crescendo pendant l’indépendance touchant ainsi les hôpitaux, les usines et les écoles notamment, et sans que personne ne s’interroge mûrement sur les effets néfastes de cette industrie qui, faut-il le souligner, génère des bénéfices colossaux. Selon des spécialistes reconnus, une once d’amiante peut contenir jusqu’à un million de fibres microscopiques et cancérigènes, infectant ainsi l’air qu’on respire, le sol sur lequel on marche, l’eau qu’on consomme et jusqu’à nos cellules d’êtres humains. Cette exposition et l’inhalation de l’amiante sont, à ne pas douter, dangereux et dont les effets se manifestent, à longs et moyens termes, par plusieurs maladies souvent incurables et dont la plus connue est le cancer broncho-pulmonaire.
La commune de Chemini a eu également son lot d’amiante. Au milieu des années 1980, l’entreprise française Dantin était en charge de la construction d’un collège situé à Tala Ali.
Devenu lycée et inauguré en 1989, cet établissement a vu des générations d’élèves, d’enseignants et de personnels administratif se mettre en contact avec cet agent pernicieux.
Les murs et les plafonds des salles de classe, des laboratoires, des dortoirs, du réfectoire et des pièces réservées aux enseignants et à l’administration en sont tous touchés par la toxicité de cette matière. La mise en danger de la santé des usagers n’est plus à démontrer. Désormais, le mot amiante a pour synonyme le souci ! Et cependant, il aura fallu attendre ces derniers mois pour qu’une prise de conscience effective et un sursaut de responsabilité voient le jour par la montée au créneau de plusieurs responsables locaux, armés d’une franche intention d’éradiquer cette matière nuisible, comme cela se fait un peu partout dans un monde où la vie du citoyen a un immense poids, et un valeureux sens.
S’il n’est pas utile d’être clerc pour avancer sans aucune prise de risque qu’il faut fermer définitivement l’établissement, comme l’on frappe un serpent sur la tête, et la construction d’un lycée aux vertus protectrices, un autre problème de taille s’est inséré rapidement dans les esprits. Où construire ?
Depuis fin 2009, plusieurs réunions ont regroupé le P/APC, des responsables de la SUC, de la daira, de la sûreté et du personnel du lycée pour plaider la cause et parlementer auprès de leurs supérieurs hiérarchiques. Sachant que la commune ne dispose pas d’assiette en mesure d’abriter une telle infrastructure, l’APC et ses interlocuteurs ont finalement opté pour une politique qui préserve à la fois et le chou et la chèvre, autrement dit, construire un nouveau lycée sur le même site mais en procédant par tranches ; cela a pour but de ne pas perturber la scolarité des lycéens et faire avancer les travaux au diapason des espaces ainsi libérés.
Un volumineux dossier est actuellement déposé au niveau de la direction de l’Education et à la wilaya de Bgayet pour un projet de construction d’un lycée de 1000 places/ 300 rations, beaucoup attendent l’aval rapide et une enveloppe conséquente avec optimisme.
Certaines indiscrétions avancent même une entame des travaux durant cet été. Par ailleurs, si bien que cette éventuelle construction se montre profondément salutaire, il y a lieu d’annoncer d’ores et déjà que l’amiante va hanter pendant longtemps des ribambelles d’esprits. Car, assurent les experts, les maladies dues à l’exposition à l’amiante peuvent survenir 20 à 40 ans plus tard et par ricochet, cela incite le commun des mortels à se poser les questions d’ordre médical et juridique, de soins et d’indemnisation. Ce jour-là espérant que le je-m’en-foutisme serait déjà banni de nos mœurs !
T. D.
