Saharidj : Des projets de développement rural à la traîne

Au moment où dans la plupart des 45 communes que compte la wilaya de Bouira, l’on est au stade d’évaluation de l’avancement des travaux de l’opération, dite programme de proximité pour le développement rural intégré (PPDRI) et cela, en exécution de l’instruction du wali pour valider les dossiers de l’ensemble des communes.

C’est ce qui s’est fait lors d’une réunion de coordination en début de l’année en cours, les dossiers finalisés par les associations des villages, Ighzer Iwakouren, Ath Ali Outhmim, Imesdhurar et enfin Ath Oualvane, quatre villages relevant de la commune de Saharidj, attendent toujours leurs prises en charge qui ne semble pas figurer dans la liste des cas à traiter des autorités locales.

Dans une lettre d’accompagnement de ces dossiers (dont nous détenons une copie), enregistrée sous le n°422/ 2010 datée du 22 mars 2010, adressée à la daïra de M’Chedallah, l’APC de Saharidj a sollicité du chef de daïra de fixer une date pour une réunion de validation par la commission technique de daïra.

Une correspondance qui est restée sans suite à ce jour, selon un élu de l’APC de Saharidj, qui précise que les 04 dossiers croupissent toujours dans les tiroirs de la daïra ; cet élu qui semble bien au fait de cette opération PPDRI, nous informe que 18 dossiers ficelés par des associations de villages ont été validés par la commission de wilaya, depuis 02 mois et qu’ils sont en cours de réalisation alors que la commission de daïra de M’chedallah n’a même pas encore statué sur les dossiers constitués par les quatre villages de Saharidj pour décider de leur sort et de la suite à leur donner s’emporte notre interlocuteur.

Un état de fait qui nous amène à conclure qu’à ce stade de lenteur mis pour le traitement de ce genre de dossiers de développement, le nouveau plan quinquennal risque de filer sous le nez de la région, comme les précédents sans qu’elle n’en tire grand bénéfice, particulièrement dans le domaine de l’agriculture dont la relance se heurte à de multiples entraves et la plus en vue, reste sans conteste la gestion des ressources.

Sinon comment expliquer le cas d’importants forages réquisitionnés inutilement ; une retenue désenvasée depuis 02 ans et non encore exploitée ? Des canaux d’acheminement qui présentent de menues avaries faute d’entretien et laissés en l’état, ce qui fait en sorte que le système d’irrigation de dizaines de milliers d’hectares de terrains agricoles hautement fertiles ne font désormais plus, qu’office de décors, témoins d’une gestion à la hussard.

Si les légendaires plaines de M’chadallah se meurent, la cause principale est de l’avis de tous ceux ayant un rapport direct ou indirect avec le secteur de l’agriculture, est purement humaine, sachant que toutes les conditions de relance existent sauf… la volonté de s’y mettre.

Pour revenir au sujet qui nous intéresse qu’est le PPDRI de Saharidj, il serait bénéfique pour tout le monde à ce que ce dossier soit déterré et traité rapidement, sachant que des signes avant-coureurs de révoltes commencent déjà à fuser sporadiquement des villages qui ont déposé leurs dossiers et qui sont à bout de patience. Aux requêtes verbales peuvent succéder des actions embarrassantes et nous sommes informés que des pétitions de dénonciation circulent déjà et personne ne peut prévoir qu’elle serait la suite. Nul besoin d’être un fin observateur pour savoir que la population de cette commune déshéritée, commence à prendre conscience de sa marginalisation, son délaissement et sa mauvaise prise en charge. Le cas du gaz de ville est assez édifiant, dans le sens où elle est la dernière commune de la wilaya à en bénéficier et qu’il fallut une intervention énergique du wali, pour voir enfin le dossier de ce projet avancer après avoir longtemps patiné et buté sur une énigmatique et intriguant cas de levée topographique, une bizarrerie à inscrire à l’actif de l’APC, au même titre que celui du nouveau château d’eau qui refuse obstinément d’entrer en service malgré un besoin des plus urgents, un ouvrage qui continue de narguer la population du haut de sa colline et à servir de réservoir… d’air après plus de 05 mois de à sa livraison.

Oulaid Soualah