Aïn El Hammam / Change parallèle : stabilité des cours

Connue comme une région à forte concentration d’émigrés, Aïn El Hammam et ses alentours peuvent être considérés comme une plaque tournante du change parallèle.

Chaque matin, les détenteurs de devises font un tour au centre-ville pour s’enquérir du cours du jour.

On ne peut les renseigner qu’après avoir « appelé Alger » leur disent-ils. C’est là que se trouvent les intermédiaires qu’on appelle ici « les grossistes ». Ce sont eux qui fixent le taux de change qui n’a pas beaucoup varié depuis le début de l’été se stabilisant à 12,55 pour cent alors que l’afflux des émigrés fait baisser les cours. Une situation qu’explique un revendeur :

« Cette année, peu de nos concitoyens, résidants de l’autre côté de la méditerranée, sont rentrés passer leurs vacances à Michelet, devenu peu attirant. Ils ne construisent plus leur maison comme il y a dix ou vingt ans, dans les villages. Ils seraient, plutôt attirés par la côte béjaouie et par Tizi-Ouzou. ”

Les détenteurs occasionnels ou habituels sont très nombreux de ce côté-ci du pays. Ils préfèrent tous, passer par le marché noir, dont ils connaissent les avantages, le préférant de loin au circuit officiel dont le taux de change est loin d’être attractif.

Ce sont surtout des retraités de France, revenus chez eux, après une carrière bien remplie à l’hexagone, ainsi que les émigrés, en vacances au pays, qui alimentent ce marché qu’on dit juteux.

Un créneau investi par des dizaines d’intermédiaires, qui, tout en rendant service à leur clientèle, arrivent à vivre aisément du fruit de leur travail. Une frange de la population qui arrive à se sortir à sa manière des griffes du chômage qui atteint une grande partie de la population.

Chaque acheteur possède ses propres clients avec lesquels une confiance mutuelle s’est installée depuis des années. Certains abonnés se font payer d’avance avant que leur pension ne soit virée en France. Ce sont de grosses liasses et des chèques qui changent de main quotidiennement.

Une chose est sûre, l’apport en devises de nos émigrés ne fait pas vivre leurs familles seulement mais contribuent à créer indirectement, d’autres emplois, évitant de ce fait, la précarité à de nombreuses familles.

A. O. T.