Le meeting animé jeudi dernier à Sétif par Abdelaziz Bouteflika n’a pas apporté de nouveau par rapport aux précédentes sorties du chef de l’Etat. Dans le discours d’abord mais dans la manière ensuite. La ville de Sétif a, en effet, changé de décor à l’occasion de la visite présidentielle. Elle est redevenue propre. Elle s’est habillée en couleurs pour recevoir un invité particulier. Dans les ruelles de la ville et dans les bâtiments, le décor est le même. Figé et monotone. Les troupes folkloriques, qui se comptent par dizaines, étaient aussi là. Elles viennent de plusieurs régions du pays. Surtout du sud. Le stade du 08-Mai 1945 qui a abrité le meeting était déjà réquisitionné depuis quelques jours. Le parterre et la pelouse est remplis de chaises réservées aux citoyens La chaleur torride qu’il a fait en cette journée de jeudi n’a pas empêché quelques inconditionnels de venir écouter le Président. La majorité écrasante des présents est constituée de jeunes et surtout d’adolescents venus par conviction ou ramenés pour une tournée de complaisance, le fait est là : le stade est envahi dès 9 heures du matin. Bien avant pour certains, notamment ceux qui portent des badges. Rien ne manque. Des casquettes, des banderoles qui portent parfois des slogans bizarres et des fanions qui côtoient le drapeau national tout autour du stade. L’organisation semble cependant être correcte, puisque la perfection n’existe toujours pas chez nous. Tout le monde est en place. Des agents de l’ordre aux belles réceptionnistes qui portent, presque toutes, le hidjab. Rien de plus normal en ces temps de réconciliation tous azimuts. L’heure est aussi aux chants. Pas de chants patriotiques, pourtant habituels dans ce genre de circonstances. Il y avait au menu, par contre, les tubes du moment chantés en l’honneur de Bouteflika et de sa politique. On a même composé une chanson de circonstance où l’on annonce que Bouteflika s’est « abreuvé de l’eau de Aïn El Fouara lorsqu’il vient à Sétif ». D’autres chansonnettes arrangées lors des élections présidentielles d’avril ont également refait surface et ont été dépoussiérées à l’occasion. C’est ainsi, par exemple, qu’on a retrouvé le tube « Voter aâla Bouteflika » de Mohamed Lamari. Tout cela se passe sous une chaleur suffocante. L’attente se fait longue mais le stade n’est toujours pas rempli malgré les contingents de jeunes et d’adolescents. Ils pénètrent dans l’enceinte du stade olympique avec un air festif. C’est simple, on ne prête pas oreille à la personne chargée d’animer le spectacle avant le grand meeting. De toutes les banderoles accrochées tout au long des tribunes, et elles sont très nombreuses, l’on peut distinguer une qui fait l’exception. » Il a donné à l’Algérie des réserves de change qui lui permettront de rester digne « . « Il », c’est bien sûr, Bouteflika. La traduction est approximative mais le sens reste le même. Le slogan en dit long sur les convictions de ceux qui sont chargés d’organiser ce genre d’évènements. 11h15, le président Bouteflika fait son entrée au stade sous les applaudissements nourris et les youyous. Il faut dire que l’ambiance s’était détendue dès que l’animateur a annoncé que le Président est à Aïn El Fouara pour « boire de l’eau ». C’est l’eau de bienvenue à Sétif. C’est incontournable pour tout visiteur, quelle que soit sa classe sociale. Quelques poèmes de présentation, composés par Azeddine Mihoubi, ont suffi pour donner la parole à l’invité du jour.
Ali B.
