Bechloul : Une daïra pas comme les autres

Se faire établir un passeport auprès de la daïra de Bechloul, relève du parcours du combattant, d’autant plus pour un septuagénaire qui a dû faire face, durant près de 4 mois, à une administration sourde, aveugle où peut être tout simplement incompétente. Cette daïra possède la caractéristique d’ouvrir ses portes aux citoyens à partir de 08h15 le matin.

Un horaire, pour le moins que l’on puisse dire, qui n’est pas vraiment courant au sein des administrations algériennes. Pour avoir accompagné fréquemment le vieil homme dans ses déplacements à la daïra de Bechloul, nous pouvons affirmer, qu’il est pas bon d’avoir à faire à certains fonctionnaires exerçant dans cette institution. Au début du mois de juin, et après s’être renseigné au préalable pour renouveler son passeport dont la validité arrivait à terme, le vieil homme résidant à El Esnam a constitué tout un dossier pour refaire son passeport. Un dossier pour passeport biométrique, c’est toutefois ce qu’on lui a affirmé.

Une vingtaine de jours plus tard, et alors que son état de santé s’était détérioré il s’est rendu à la daïra pour récupérer son passeport, mais là on lui signifiera qu’il devait refournir d’autres documents sinon, on lui délivrerait un passeport normal avec une durée de validité de six mois.

Après avoir refait la paperasse demandée, il redépose son dossier. Sans lui remettre aucun récépissé on lui dira de revenir dans une vingtaine de jours pour récupérer son document. Vingt jours s’écoulent et le septuagénaire retourne auprès des services de la daïra. On lui signifie que son passeport se trouve au niveau de la police pour les besoins de l’enquête. Confiant et en se disant qu’il s’agit-là que d’une question d’une semaine au maximum, le vieil homme repart. Une semaine après, en retournant s’enquérir de la situation, on lui explique qu’il doit fournir une attestation consulaire qu’il doit se faire délivrer auprès du ministère des Affaires étrangères à Alger, car son précédent passeport avait été établi au consulat de Metz. Enragé et tenant à peine sur pied, le vieil homme entama les démarches, bon gré mal gré en revenant deux jours après avec l’attestation demandée.

On aurait pu croire que le passeport aurait pu être délivré une semaine après, mais non !!! Là encore, il aura fallu que le vieil homme fasse le vaguemestre entre la police de Bechloul et la daïra, car les services chargés de transmettre les documents relatifs à l’enquête pour la délivrance du passeport avaient omis de mentionner le numéro de l’ancien passeport. Il aura fallu, en tout et pour tout, près de quatre mois pour que le septuagénaire se fasse délivrer son passeport alors qu’il devait se rendre à l’étranger pour des soins. Une cure de bureaucratie est souvent fatale dans un pays qui continue à s’interroger sur l’accroissement galopant de l’hypertension à l’échelle nationale.

Pourtant, on se souvient que l’année dernière, dans cette même daïra, des passeports avaient été délivrés en un temps record, soit près de deux heures d’attente pour avoir le document. Mais c’était là une autre conjoncture, nos jeunes devaient se rendre à Khartoum pour servir les intérêts de la nation.

Hafidh B.