En terme de ressources et de prédispositions, Bouira n’a rien à envier à d’autres wilayas. Bien au contraire, mère nature l’a dotée de tout ce qu’il faut pour aller de l’avant. Pourtant, promue wilaya en 1974, elle restera longtemps ce gros faubourg à la traîne. L’avènement du terrorisme intégriste l’enfoncera davantage dans le sous-développement. La décennie que l’on qualifie de noire, passée, Bouira ne connaîtra pas pour autant un meilleur sort. Mais cela est essentiellement imputable à l’absence d’imagination, voire l’inertie, qui caractérisait les responsables d’alors.
Ce n’est qu’en 2008, avec l’arrivée de Bouguerra Ali que Bouira est sérieusement engagée sur le terrain du développement. En une année presque, la métamorphose est visible à l’œil nu. Tous les secteurs sont en effervescence. Focalisons-nous sur celui de la culture sans lequel rien ne va. Ne dit-on pas que “lorsque la culture va, tout va !”.
Pas moins de 205 milliards de centimes sont mobilisés pour construire, aménager et équiper des infrastructures dignes de devenir des réceptacles de la chose culturelle.
Cette mission supervisée par la wilaya incombe à Omar Reghal, l’actuel directeur de la culture qui, lui aussi, en un laps de temps, a réussi à donner un nouveau souffle à sa direction que d’aucuns qualifiaient, et sans exagération, de “direction de l’inculture”. Des milliers de citoyens étaient sortis de leurs “terriers” pour danser, applaudir, fredonner sur la place publique en savourant les prestations artistiques des Allaoua, et autre Zehouania. Chose impensable, il y a quelques années !
Sans doute, cette joie réinventée ira crescendo avec la réception clé à la main, des projets en cours. A ce propos, et parmi les projets phares dont les travaux sont entamés au niveau du chef-lieu de la wilaya, nous retenons : l’annexe de la bibliothèque nationale dont la mise en service est prévue pour juin 2011, le théâtre de verdure de 3 500 places implanté au centre-ville et dont la spacieuse assiette avait attisée tant de gourmandise avant d’être affectée à la direction de la culture. Parmi d’autres projets inscrits, nous citerons aussi : l’école des beaux arts dont le terrain est dégagé au niveau du pôle universitaire, le théâtre régional qu’abritera, après réaménagement, l’ancien siège de l’apc, une bâtisse héritée du colonialisme et le siège de la direction de la culture pour lequel l’assiette est dégagée et le bureau d’études retenu. L’aménagement et la transformation du Fort Turc en musée sont un autre projet pour lequel une entreprise est déjà retenue. Toujours au niveau du chef-lieu de la wilaya, et dans le cadre d’opération centralisée, sont prévues l’étude et la réalisation d’un institut régional de musique.
Cette dynamique ne se limite pas à la seule ville de Bouira : toutes les communes de la wilaya ont quasiment bénéficié de projets. Mesdour, Ridane, Gulet Zerga, Dechmia, Hachimia et Drabnia seront dotées de salles de lecture. Par contre, les bibliothèques communales de Dirah, SEG et Bordj Khrris sont achevées. L’étude pour la réalisation et l’équipement d’ouvrages de deux bibliothèques en milieu rural est retenue pour Aghbalou (cahier de charges en cours) et Djebahia (bureau retenu)
A Hachimia, dans la région de l’antique Auzia, sont retenus la restauration et l’aménagement du site romain (communément connu sous le nom de Tombeau de Takfarinas). Pour ce faire, les travaux d’urgence sont réalisés, l’étude achevée et les quatre phases validées par la tutelle. Idem pour la restauration, l’aménagement et la mise en valeur de l’Aqueduc romain.
Par ailleurs, la direction de la culture a récupéré d’anciennes salles de cinéma pour les aménager et les convertir selon les besoins. Il s’agit de la salle Boukrif-Ali (M’chedellah), la salle Djerah (Lakhdaria) et la salle Lalla Khédidja (Bouira) qui sera aménagée de sorte à abriter la cinémathèque.
Voilà donc un aperçu à propos du bouillonnement que connaît le secteur de la culture à Bouira. Un bouillonnement qui donnera sans faute ses fruits, pour peu que la tutelle veille sur la stabilité des cadres chargés de faire aboutir tous ces projets.
Salas O. A.
