A Aïn El Hammam Pour avoir droit à un ou deux sachets de lait, il faut faire le pied de grue devant les épiceries, à attendre, le distributeur qui, peut-être ne viendra pas. L’insuffisance de lait redevient un sujet d’actualité occultant tout autre événement. On ne parle plus que du précieux liquide. Ceux qui croyaient que les pénuries et leurs conséquences, sont à jamais révolues, doivent se détromper. Certaines pratiques telles les ventes concomitantes qu’on pensait d’un autre âge, reviennent par la grande porte. Certains commerçants, au vu et su de tous, refusent carrément de servir les clients d’occasion. «Je ne sers que ma clientèle habituelle» répondent-ils à la face de ceux qui demandent du lait. On a beau évoquer «le refus de vendre, sanctionné par la loi», les revendeurs restent imperturbables, sachant qu’ils ne risquent d’être inquiétés ni par les contrôleurs qu’on ne voit que sporadiquement, ni par les associations de consommateurs, par ailleurs, inexistantes au niveau local. Ainsi, les quelques dizaines de sachets, livrés irrégulièrement, sont souvent cachés sous le comptoir pour ne les céder qu’à une clientèle filtrée sur le volet, qu’on appelle «les abonnés». A votre demande, on vous montre les bacs vides, avec toujours les mêmes commentaires «cela fait près d’une semaine qu’on n’a pas été servis». Une solution vous est tout de même, préconisée, avec ironie «achetez-vous une chèvre et vous serez tranquille». La crise a trop duré. Si l’approvisionnement, en poudre de lait, est un fait conjoncturel, l’absence des services censés veiller sur le respect du consommateur est incompréhensible.
A. O. T
