Des sources sécuritaires parlent d’un nombre important de groupes terroristes encerclés à Sidi Ali Bounab, qui seraient tués au cours de cette opération.
L’opération militaire d’envergure pilotée par le haut commandement de l’ANP se poursuit. Les massifs forestiers de Sidi Ali Bounab sont passés, depuis mercredi dernier, au peigne fin. Pas moins de dix terroristes ont été tués au cours de cette opération, la plus importante de ces dernières années en Kabylie. Une vingtaine de casemates découvertes ont été détruites.
L’agence Reuters a, d’ailleurs confirmé l’information des dix terroristes abattus avant-hier, leur source s’est refusée, par ailleurs, de confirmer la mort de Droukdel, cité pourtant durant toute la journée d’hier par plusieurs autres agences étrangères comme faisant partie du groupe mis hors d’état de nuire.
Ainsi, pour le troisième jour consécutif, l’armée continue son opération militaire en Kabylie. Hier encore, les réseaux de téléphonie mobile, rétablis la veille à partir de 19h, ont de nouveau été brouillés. Aucune communication n’était possible durant toute la journée. Toute la zone du Sud limitrophe aux massifs de Sidi Ali Bounab, Mizrana et Yakouren jusqu’aux limites des wilayas de Boumerdès et Bouira a été quadrillée par une forte et impressionnante présence militaire. Les points de contrôle et autres barrages ont été renforcés, un contrôle d’identité a été durant toute la journée d’hier, effectué systématiquement sur les bus et autres moyens de transport desservant ces régions.
Des sources sécuritaires parlent d’un nombre important de groupes terroristes encerclés à Sidi Ali Bounab, qui seraient tués au cours de cette opération. Il s’agirait, en effet, d’une vingtaine d’éléments se revendiquant de ce qui est communément appelé l’Aqmi, affilié à Al-Qaïda de Ben Laden, principalement membres des katibat El Arkam, activant dans la wilaya de Boumerdès et de katibat Ennour à Tizi Ouzou, qui devaient se rassembler à Sidi Ali Bounab, pour tenter de restructurer et réorganiser les rangs de l’organisation terroriste, suite à la défection de plusieurs de ces membres. Des sources sécuritaires évoquent ainsi des informations recueillies par les forces de sécurité des repentis mais aussi des deux terroristes récemment arrêtés près de Mizrana, et qui faisaient état d’une réunion importante, qui devait se tenir dans la région sous la présidence du chef de l’Aqmi, Abdelmalek Droukdel.
Il y a lieu de souligner, dans ce sens, que c’est la première fois que les forces de l’armée fassent appel au brouillage des réseaux téléphoniques des trois opérateurs, Nedjma, Mobilis et Djezzy, qui couvrent les trois wilayas, Bouira, Tizi Ouzou et Boumerdès. Ce brouillage aurait un double objectif. D’abord empêcher les groupes terroristes encerclés à Sidi Ali Bounab de communiquer avec d’autres groupes qui pourraient leur assurer des chemins alternatifs pour s’échapper. La présence sur le marché de la téléphonie mobile de puces non identifiées offre un avantage aux groupes terroristes, pour sécuriser leurs déplacements à travers des contacts établis avec des réseaux de soutien et de logistique.
Le deuxième objectif du brouillage du réseau est celui d’éliminer le risque des engins explosifs actionnés à distance. L’envergure et l’enjeu important de cette nouvelle offensive militaire de l’ANP se traduit par les moyens importants mis en œuvre. Plus de cinq mille soldats sont, en effet, mobilisés dans la plus importante offensive militaire de l’armée populaire dans les massifs forestiers de Tizi Ouzou, Boumerdès et Bouira.
L’étau semble ainsi, de plus en plus, se resserrer contre ces groupes qui écument les massifs forestiers de la wilaya de Tizi Ouzou. L’ANP a fait appel à son artillerie lourde, pour bombarder cette région tristement connue pour être une zone de repli des groupes terroristes. Le relief accidenté et l’existence de lieux de cache, dont de nombreuses grottes, les aidant à mieux contrôler leurs déplacements.
Après les bombardements effectués sur la zone jeudi et vendredi, des coups de feu ont été entendus hier vers la mi-journée. Ayant mené une progression terrestre, les éléments de l’ANP se seraient accrochés, avec le groupe terroriste encerclé depuis trois jours. Il faut noter, dans ce sillage, que les bombardements intenses de la zone n’ont pas cessé durant toute la nuit du vendredi à samedi.
Appuyés par des hélicoptères, les militaires ont progressé de nouveau, sur le terrain et des coups de feu ont été entendus de loin. La zone est, cependant restée complètement bouclée.
A. Z.
