Béjaïa, qui vit depuis le début de la semaine, une période de beau temps, devrait s’attendre à renouer dans les prochaines heures avec les affres de l’hiver. Les images de randonnées champêtres et de jeux de neige, qui marquent la vie de ces derniers jours, vont devoir s’estomper, le temps d’un retour momentané des précipitations.
Un nouvel épisode de froid est en effet, attendu par les services de la météo à partir de demain après-midi. Les températures printanières devraient ainsi s’effacer, pour faire place à une chute marquée du mercure pratiquement partout en région kabyle. La sensation de froid sera d’autant plus forte que le différentiel pourrait atteindre les 8°C, car il est attendu des température oscillant entre 12° et 14°C à compter de jeudi matin. Ce nouvel épisode sera néanmoins en principe plus clément que son devancier puisque la neige n’affectera que les plus hautes montagnes, des altitudes d’environ 1 200 mètres alors que les précipitations du week-end dernier avaient concerné les altitudes de plus de 600 mètres.
L’évènement avait provoqué un grand chamboulement du réseau routier avec la fermeture momentanée y compris de l’emblématique axe national n°12 reliant Béjaïa à Tizi Ouzou via El-Kseur, une route empruntée souvent aussi, par les voyageurs de la wilaya de Jijel voire parfois ceux de Sétif. Le week-end prolongé suite à la fête de l’Achoura aura sans doute fait aucun accident routier sévère enregistré à la faveur de ces fortes chutes de neige. Mais les communes les plus montagneuses auront vécu d’éprouvants moments d’isolement. La capacité humaine et surtout matérielle de ces communes à faire face à ce genre d’évènements météorologiques s’est parfois avérée des plus faibles.
Une commune comme Beni Ksila, la plus vaste de la wilaya, aura éprouvé toutes les peines du monde à désenclaver des villages épars. Son maire aura, au plus fort de la bourrasque, lancé des appels pathétiques à une aide, qui aura tardé à se mettre en place. Le topo et grosso modo le même à Kendira, Barbacha, Aït Smaïl et bien d’autres communes alpines de cette wilaya où prédomine une topographie montagneuse. La neige et le froid remettent aussi, au goût du jour, la question de l’extension du réseau de gaz naturel pour lequel la wilaya est certes, engagée dans un vaste programme de mise à niveau à l’horizon 2014.
Aujourd’hui, et en comptant large, seulement le quart des foyers de la wilaya sont branchés au gaz de ville, un taux qui marque l’une des plus grandes carences du développement local.
Même si les capacités du centre emplisseur de Béjaïa, qui peut atteindre la production de quelque 20 000 bouteilles de gaz butane par jour, semblent susceptibles de faire face à la demande générale et même à des demandes de pointe. Il faut relever que l’opération d’acheminement s’avère des plus difficiles sinon impossibles en contexte neigeux.
Ainsi et sur un air du déjà entendu, plusieurs intervenants locaux revendiquent, à chaque épisode hivernal marqué l’accélération du rythme de réalisation de nouveaux réseaux de gaz ou encore l’inscription de nouveaux projets.
B. B.
