A flambée des prix, flambée de la contestation populaire. C’est du moins ce qu’on pourrait déduire de la situation actuelle du pays. Débutée le mercredi passé à Alger et Annaba, la contestation s’est propagée en l’espace d’un week-end pour toucher la presque totalité des régions du pays.
La wilaya de Béjaïa, fidèle à sa réputation de région contestataire, n’est pas restée en marge de cette révolte. Pour protester contre l’augmentation inattendue des prix des denrées alimentaires de large consommation, la population s’en est prise aux édifices publics, symboles, pour eux, des pouvoirs publics qui auraient décidé cette augmentation alors que la majorité de la population vit au dessous du seuil de pauvreté dans un pays sensé être très riche. Ainsi depuis vendredi, la région Est de la wilaya de Béjaïa vit au rythme des émeutes rappelant celles des années 2001-2002. À Kherrata, le tribunal a été entièrement détruit. Les émeutiers ont aussi saccagé l’Agence de la Sonelgaz, de l’ADE et celle de la SAA. Ils se sont pris au siège de la daïra ainsi qu’à l’Inspection des impôts. La mobilisation citoyenne et la sensibilisation des sages ont évité au siège de la mairie d’être la proie des flammes. Dans la journée du dimanche, le calme est apparemment revenu dans cette ville historique.
Le bureau de l’inspection de l’éducation ainsi que celui de la poste et le siège de la direction de la production de la Sonelgaz ont été saccagés dans la commune voisine de Darguina. La commune de Souk El Tenine pour sa part, où ont commencé les émeutes pour la région Est de la wilaya, a vu les sièges de la recette des impôts et de l’ADE ravagés par le feu ainsi que le siège de la daïra en fin d’après- midi du dimanche. Etant descendus dans la rue dès samedi matin, les jeunes de la ville côtière d’Aokas ont incendié les Agences Sonelgaz et ADE avant de s’en prendre au bureau de poste et au commissariat de police.
Ce qui s’est soldé par la blessure de trois éléments des services de sécurité. Même si le siège flambant neuf de la mairie a vu ses vitres éclater en l’air, il a été épargné par les manifestants suite à l’intervention des sages de la ville qui les ont dissuadés de le détruire.
A Tichy, c’est le siège de l’Inspection des impôts qui a été ciblé par les manifestants. Si on sent un semblant d’accalmie dans l’après-midi du dimanche dans certaines localités, il n’en demeure pas moins que la bataille a continué entre les manifestants et les forces de police jusqu’en fin d’après-midi du dimanche à Souk El Tenine et Aokas.
A. Gana
