Le wali de la wilaya de Béjaïa estime que les carences en communication sont en grande partie responsables de la furie destructrice des jeunes qui s’est manifestée lors des derniers évènements. Hier, à la Maison de la culture, les élus et des membres de la société civile de la wilaya ont ainsi été convié à un discours fleuve de prés de trois heures consacré aux derniers évènements et accessoirement au programme de développement inscrit au titre de l’année 2011 et qui se chiffre à quelques 40 milliards DA, tout chapitres confondus. Estimant que des parties intéressées ont instrumentalisé pour partie les derniers évènements, le wali a illustré son propos par plusieurs exemples. Un maire, qu’il ne nomme pas, aurait ainsi donné rendez-vous à des villageois qui se plaignaient d’un problème d’assainissement pour enfin les laisser faire. Une délégation de lycéens d’Adekar qu’il attendait dans son bureau a été interceptée, en cours de route, par des personnes à bord de deux véhicules immatriculés à Alger qui leur intimeront l’ordre de rebrousser chemin. Le wali lâchera un véritable pavé dans la marre à propos de l’unité d’extrusion aluminium d’Amizour, propriété du groupe privé Aberkane et de l’opérateur public Somacob. « 200 millions de centimes ont été versés depuis deux sources pour inciter les émeutiers à mettre à sac Alexo ! », révèle le wali.
Visiblement encore sous le choc de la destruction de sa résidence, le chef de la Daïra d’Amizour qui se trouvait au milieu de l’assistance, appuyait les accusations du wali : « Ils sont là parmi nous les coupables ! », fulmine-t-il avant d’être rappelé à l’ordre. Le P-DG d’Alexo a, à travers une tribune publiée par le quotidien Liberté raconté par le menu les destructions qu’a subi son usine dans la nuit du 7 au 08 janvier courant. Il parle de la destruction totale des blocs administratif et technique, du vol de tout le matériel bureautique, informatique et équipements sociaux, de la destruction totale du matériel roulant et de transport neuf composé de 2 semi-remorques, 4 camions de tonnage, un camion citerne anti-incendie, 2 véhicules utilitaires, 2 véhicules berlines et 2 chariots élévateurs. Il énumère aussi de graves atteintes à la centrale électrique, la mise hors service du poste d’alimentation de gaz naturel et la mise hors service du poste de commandement numérique de la presse d’extrusion et détérioration des équipements électroniques et des cellules de protection. Alexo s’est, depuis sa naissance, placé au centre d’un feuilleton politico-administratif qui aura crée bien des remous au sein de la population d’Amizour. L’usine avait d’abord souffert du refus de la municipalité de délivrer un permis de construire, une situation débloqué in- extremis par l’ex-wali Rachid Fatmi, qui avait usé de son pouvoir de substitution peu avant son départ de la wilaya.
M. Bessa

