Après l’épisode de la rupture des stocks de protoxyde d’azote, qui a conduit au cours de ces deux dernières années, à la quasi paralysie du service de chirurgie de l’établissement public hospitalier (EPH) d’Akbou, voilà qu’une autre pénurie, en rapport avec les anesthésiants, a contraint les responsables de cet hôpital à geler le programme opératoire relevant du «froid».
«La pénurie dure depuis deux mois environ. Le niveau des stocks disponibles nous permet d’assurer uniquement les cas d’urgence», nous a expliqué un responsable de l’EPH d’Akbou, qui redoute une rupture de ces spécialités, dont les conséquences seraient dramatiques pour les patients. Et pour cause, et de l’aveu même de notre interlocuteur, aucune information rassurante ne permet pour l’heure d’affirmer que cette carence, qui a tendance à s’inscrire dans la chronicité serait résorbée de sitôt. Les commandes d’anesthésiants, adressées par l’hôpital d’Akbou à la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), le fournisseur exclusif des établissements publics, sont restées insatisfaites. C’est, pour ainsi dire la quadrature du cercle, étant donné que l’importation de ces médicaments à usage hospitalier (psychotropes et stupéfiants) par les opérateurs privés, est frappée du seau de l’interdiction. Le responsable de l’hôpital d’Akbou relève un certain flottement dans les textes régissant le marché du médicament. «Théoriquement, nous ne sommes pas obligés de nous approvisionner en anesthésiants auprès de la PCH, alors que cette dernière est le seul organisme habilité au regard de la loi, à en importer», s’étonne notre interlocuteur. En attendant une hypothétique solution à ce problème, des dizaines de rendez-vous pour une intervention chirurgicale sont renvoyés aux Calendes Grecques. «Ma femme, diabétique, nécessite une opération pour l’ablation de la vésicule qui la fait souffrir énormément, mais le rendez-vous pour une intervention à l’hôpital est à chaque fois ajourné. Cela dure depuis plus de six mois», s’offusque un sexagénaire résidant au quartier Ifrène. «L’Etat est en train de renoncer à ses missions en matière de santé publique, en laissant le champs libre au secteur privé sinon comment expliquer que cette prétendue pénurie ne frappe que les hôpitaux publics ?», s’offusque un citoyen de la commune de Chellata dont le frère cadet souffre d’une hernie hiatale. «A chaque fois que je me présente à l’hôpital, on me demande de revenir ultérieurement. Une première fois, on me fait comprendre que les opérations sont suspendues en raison des chaleurs estivales et une seconde fois on avance le problème de pénurie d’anesthésiants. C’est vraiment désespérant», se lamente-t-il.
N. Maouche

