Les parents d’élèves de l’école primaire de Bouaïdel, un petit village de la commune d’Iferhounène, ont retenu leurs enfants chez eux, ce samedi, premier jour d’école. Par ce geste, les villageois entendent manifester leur mécontentement quant à la réduction des postes budgétaires qui ont conduit à la suppression de la classe de première année. Pour de plus amples informations, nous avons pu joindre le directeur de l’école qui nous a éclairés sur les tenants et aboutissants de cette grève. Nous apprenons ainsi, que pour l’année scolaire en cours, 12 enfants seulement ont été inscrits en première année. Ce qui a poussé la tutelle à affecter les nouveaux inscrits de la localité dans une autre école et ce, conformément à la réglementation qui stipule que pour créer une division, le nombre d’enfants inscrits doit dépasser 14. Les parents ne l’entendent pas de cette oreille pour, disent-ils, des raisons de sécurité de leur progéniture. Ils refusent donc de les envoyer à l’école du village voisin, distant de trois kilomètres, sans cantine ni transport. Il n’est pas aisé en effet, de laisser des garçons et des filles de six ans se déplacer seuls sur des routes de campagne surtout qu’on leur impose la navette deux fois par jour. En outre, Iferhounène est connue pour ses neiges et les rigueurs de l’hiver dernier ont eu raison de plus d’un. Pour faire aboutir leurs doléances, les délégués des parents d’élèves ainsi que le directeur de l’école ont pris attache avec le chef de daïra et l’inspecteur primaire d’Iferhounène dont dépend Bouaïdel. Ces derniers ont promis de transmettre le dossier à la direction de l’éducation pour une éventuelle dérogation. Il est à noter, par ailleurs, que la nouvelle carte scolaire ne va pas sans perturber le directeur de l’école, qui subit lui aussi les conséquences de cette situation. En effet, vu que l’établissement ne comprend plus que 5 divisions au lieu de six, son responsable se retrouve, de ce fait obligé, comme spécifié par la législation de prendre en charge une classe et d’assurer la direction, en parallèle. Ce qui n’arrange ni ses affaires ni celles des élèves vu que lorsqu’il doit se rendre à l’inspection primaire, distante de 12 km, il devra renvoyer les enfants pour toute la journée. La solution doit venir de l’académie qui doit prendre en ligne de compte tous les paramètres relatifs aux écoles de montagne, dans l’intérêt des élèves d’abord et de leurs maîtres (pourquoi pas), quand c’est possible.
Nacer B.
