Ath Ivrahim est le plus ancien village du Aârch Amchedal situé a l’extrême nord de la commune de M’Chedallah.
Tout comme les anciens villages kabyles, il a été construit sur une haute colline pour faciliter sa défense contre les razzias qu’opéraient des tribus nomades dénommées Ouled Ali qui ont élu domicile entre El M’Hir et Selatna relevant de l’actuelle Wilaya de Bordj Bou-Arreridj. Cette colline, sue une étendue de quelques 1 500 m, est prise en sandwich dans le sens de la longueur entre deux ravins, Ighzer Thamarikht à l’est de Ighzer N’Sed à l’ouest. Ces deux profonds ravins prennent tous les deux naissance à 5 km plus haut dans la commune de Saharidj, et sont alimentés le long de leurs parcours par des dizaines de ruisseaux et ruisselles qui drainent les eaux de pluie et de plusieurs sources naturelles. Ighzer N’Sed est alimenté en plus par le rejet principal de l’assainissement de Saharidj, c’est souligner l’important débit de ces deux ravins particulièrement en saison humide où il est fréquent d’assister à de violentes crues suite au moindre orage. Sur le volet géologique, Ath Ivrahim et tous les terrains qui l’entourent sont à composante argileuse, une qualité du sol qui fend comme du beurre au soleil au contacte de l’eau, qui y provoque une effroyable érosion qui ne cesse de creuser le fond des ravins qui se retrouvent à l’heure actuelle à plus de 300 m au dessous du niveau du sommet de la colline, sur laquelle repose ce village. Ce dernier est à moitié déserté par ses habitants, en raison de terrifiants et spectaculaires mouvements géologiques à l’image du terrible glissement du terrain à proximité de l’un des quartiers les plus populaires de ce village Aârkouve en l’occurrence, un quartier qui serait tôt ou tard englouti par le cratère menaçant qui progresse dangereusement vers le premier groupe d’habitations de 20 foyers. Ce cratère est prolongé par d’innombrables fissures profondes qui traversent le reste du village dans tous les sens. En face du village, se trouve de vastes terrains en colline douce qui sont ni plus ni moins qu’un immense gisement d’argile qui s’étend sur plus d’une centaines d’hectares. Les fissures qui sillonnent ces terrains les font ressembler à une carte géologique, des fissures qui apparaissent distinctement en saison sèche par le travail du vent et des courants d’airs qui les élargissent. La croûte supérieure en surface de ces terres se retrouve craquelée au point où il est extrêmement difficile, voire même dangereux, de se déplacer à travers ces terrains qui comportent de nombreux pièges à cause de ces fissures. De l’autre côté du village à Ighzer N’Sed, qui sépare Ath Ivrahim d’un village beaucoup plus petit baptisé Allaouch, les nombreux glissements de terrains et autres affaissements forment des bourbiers qui peuvent être comparés aux sables mouvants qui comportent aussi leur part du danger pour les citoyens et même le cheptel, ce qui revient à dire que le village Ath Ivrahim et ses environs immédiats constituent un laboratoire à l’état naturel et à ciel ouvert, dans le domaine géologique. Un phénomène qui laisse froid et indifférent malgré tous les dangers qu’il comporte pour les riverains et l’intérêt qu’il doit susciter dans le domaine de la science et de la recherche géologique. Ni les cris de détresse des villageois les plus exposés ni l’alerte déclanchée par le mouvement associatif, le comité des sages du même village auquel se sont joints des élus de l’APW et des députés de la région qui ont saisi toutes les instances locales et nationales, n’ont provoqué une quelconque réaction des pouvoirs publics qui font montre d’un incroyable désintéressement. La seule réaction enregistrée jusque-là est celle du wali qui a ordonné la prise en charge des familles menacées, une instruction qui n’a pas été jusqu’à présent suivie d’effet.
Oulaid Soualah

