… Quelques centaines de participants à Bouira…

Des centaines de personnes (un millier selon les organisateurs et un peu plus d’une centaine selon la police) ont battu le pavé hier, à Bouira, à l’appel de la CNCD (tendance des partis politiques).

La marche d’hier, la deuxième du genre à se tenir à Bouira, s’est ébranlée vers 11 heures du matin, de la place des Martyrs de la ville, sous une présence policière assez remarquée. Sur la dizaine de banderoles et pancartes brandies par les manifestants qui commençaient à affluer dès 9 h sur la place de la ville, on peut lire notamment ‘’ Pour le changement et la démocratie’’, ‘’Etudiants en péril, Nation sans avenir’’, ‘’ Pouvoir dégage’’. Tout au long du trajet qui mènera les marcheurs jusqu’au siège de la wilaya, des slogans hostiles au pouvoir ont été scandés et repris en choeur par une foule de manifestants composée essentiellement de militants et sympathisants du RCD mais aussi d’anciennes figures du mouvement citoyen. ‘’ Echaab yourid iskat enidham’’ (le peuple veut la chute du régime) ‘’ Djazair houra democratia’’ (Algérie libre et démocratique) ‘’Pouvoir assassin’’ ou encore ‘’Khawa khawa zkara falhoukouma’’ (fraternité n’en déplaise au gouvernement), ont été les quelques slogans qui ont retenti dans le ciel de Bouira sous le regard de nombreux badauds. Ces derniers seront d’ailleurs interpellés par les marcheurs en ces termes : ‘’on n’ a pas a pas besoin de spectateurs, tout le monde est concerné’’. Mais peine perdue, car beaucoup de bouiris se contenteront de suivre la marche sur les trottoirs en chambrant parfois les manifestants. Cela n’a pas eu toutefois de grandes incidences sur la marche. Arrivés au niveau boulevard Zighoud Youcef, un fait inattendu chargé de connotation survient. En effet, les manifestants interrompent leur marche un instant. Et c’est à ce moment là que deux numéros de la presse arabophone, ‘’Echourrouk’’ et ‘’Ennahar’’ en l’occurrence seront incendiés sous un tonnerre d’applaudissements et de cris dénonçant les dérives de ces deux titres de la presse. ‘’ Echourrouk, Ennahar, djaraed el aar’’ (Echourrouk, Ennahar, presse de la honte), scandaient à tue- tête les manifestants. Une centaine de mètres plus loin, en face du siège de la wilaya, point d’arrivée de la marche, un rassemblement sera tenu. Ce dernier sera ponctué par une prise de paroles de quelques organisateurs. Ces derniers étaient unanimes à dire que ‘’le changement est inéluctable et le régime vit ces derniers instants’’. ‘’Le régime finira par être emporté par le vent du changement qui souffle sur les pays arabes’’, a tenu à rappeler un des organisateurs. A signaler toutefois qu’au moment des prises de paroles, des jeunes manifestants s’en prendront à l’équipe de l’ENTV qui filmait la marche à l’intérieur du siège de la wilaya.

A peine arrivée sur les lieux, l’équipe de l’unique sera chassée et se réfugiera dans les bureaux de la wilaya. Des escarmouches se produiront un peu plus tard entre des jeunes manifestants et des policiers en faction. Ces derniers étaient en train de réguler la circulation et leurs coups de sifflets n’étaient apparemment pas du goût des manifestants qui assimilaient cela à de la provocation. Ceci dit, des organisateurs s’interposeront pour mettre fin à cet incident. Les marcheurs finiront par se disperser dans le calme.

Djamel. M