“La trémie sera livrée le 1er avril prochain », promettait à l’automne, le DTP aux auditeurs de Radio Soummam. Et tous les Bougiotes avaient bien retenu ce rendez-vous frappant, un premier du mois et quel mois ? Celui des facéties et des pitreries. Kaddour Merraoui soulignait d’ailleurs, dans une tirade assez médiocre par ailleurs, que cela « ne sera pas un poisson d’avril ! ».
La livraison de cette trémie dont les travaux ont engendré un immense engourdissement de la circulation dans le périmètre Ighil Ouazzoug-Ihaddaden, qui n’offre que d’improbables voies de contournement, avait déjà été promise pour la mi-mars.
Nous sommes déjà pratiquement le « 1er avril prochain » et aucun signe n’indique la fin des travaux de cette trémie. Bien sûr que le DTP aura beau jeu de parler de« finalisation de l’ouvrage » de rares « aménagement qui restent à réaliser »,d’ « îlots noir et blanc », et autres galimatias du jargon des TP mais le fait est qu’aucun véhicule ne passera dans ce boyau quand chacun se passera le meilleur poisson d’avril !
Les habitants de Béjaia, déjà blasés par les ritournelles institutionnelles, savent par avance, qu’ils doivent s’armer de plus de résistance quand les engins de l’ENGOA vont se déplacer à Aamriw pour la réalisation d’une nouvelle trémie en ce point encore plus sensible, un véritable nœud gordien de la circulation et notamment en été où il est le passage obligé de tous les voyageurs à destination du très attractif littoral ouest.
Fausses annonces et vrais retards meublent la vie des TP.
Les grands axes routiers souffrent pratiquement tous de toutes les imperfections qu’il est possible d’imaginer : nids- de- poule, escamotages de pans entiers, rugosités, etc. Mais les accidents sont invariablement mis sur le compte du « facteur humain », c’est à dire des « excès de vitesses ». Une autre farce du monde des TP quoique le discours est, en l’occurrence, celui de la police et de la Gendarmerie.
Pourtant les « dos-d’âne » barrent le plus clair des segments routiers. Là où des passerelles ou des galeries s’imposent à l’évidence pour protéger le trafic piétonnier, la DTP opte pour ces obstacles informes qui symbolisent autant une abdication devant les revendications populistes qu’une contradiction avec la politique d’extension des routes et donc de fluidification de la circulation. Tant et si mal, que Tazmalt s’éloigne de plus en plus de Béjaia. Il faut prévoir trois heures au bas mot pour rallier cette commune limitrophe de la wilaya de Bouira, soit une vitesse moyenne de 30Km/h !
La fameuse pénétrante autoroutière, pratiquement l’ultime remède à cette situation d’engourdissement généralisé constitue l’autre gros poisson des TP.
Le dossier est depuis février 2010, aux mains de la commission nationale des marchés et depuis, plus rien !
Première conséquence concrète, quatre gros importateurs du bois ont décidé de quitter le port de Béjaia pour opérer désormais à Jijel. Les lésions qui impactent l’activité économique, aussi vivace qu’enviée, sont pour une fois patentes et chiffrables.
L’aménagement de la route du port constitue d’ailleurs, une autre illustration de la gestion du secteur des TP. Après avoir invoqué l’absence d’un budget conséquent, après en avoir, dans une initiative qui dessine les contours d’un modèle économique étrange, appelé au concours de CEVITAL, un contribuable comme un autre après tout, on réalise, enfin, en deux tours trois mouvements, ce qui paraissait du domaine de l’impossible : le tapissage de la route après que les « camionneurs », lassés de changer suspension et roulement, aient organisé un blocus en règle du port. Soit une nouvelle prime à la nuisance !
M. Bessa

