Les travaux du projet du gaz naturel, entamés récemment dans la commune d’Ahl Leqsar, sont à l’arrêt.
En effet, les habitants de Ouatouf, village situé à 1 km à l’est du chef-lieu de la commune, qui protestent contre l’anarchie régnante et la manière ambigue dont se font ces travaux », ont obligé l’entreprise en charge dudit projet à suspendre ses travaux. « Cette action se veut une première démarche qu’on a jugé unanimement, légitime pour attirer l’attention des autorités », lâcha, en substance, un habitant rencontré sur les lieux. A l’origine de cette grogne, ce projet de raccordement au gaz au lieudit Issoulat, de passage par Ouatouf qui y bénéficiera également, n’a pas manqué de susciter le désagrément des habitants. Vu les travaux déjà entamés, le réseau parait reposer sur celui de l’eau potable, et pour ces habitants une étude devait avoir pris préalablement en compte la nature de la canalisation. « Avant d’entamer les travaux d’excavation, on n’a même pas procédé au traçage. Une étude conséquente devrait éviter toute anomalie. Mais, ici, il semble que ce n’est pas le cas ! », dira Nabil, un universitaire. Par ailleurs, cette canalisation, entamée sur l’actuelle route, qui devrait être raccordée à la RN24, devrait être enfouie à une profondeur plus appropriée selon les normes requises. Ce sont ces questions, ainsi que d’autres, que se posent légitimement les citoyens, soucieux du devenir de ce projet, car « la sécurité du réseau et la fiabilité de l’approvisionnement seraient clairement compromises si le sérieux n’est pas de mise », ajouta Nabil. Bien entendu, même les structures souterraines parallèles au réseau gazier devraient être façonnées de manière à faciliter toute intervention ultérieure. En outre, le passage prévu de la R24 par cette localité devrait induire la disparition d’habitations des deux côtés de cette route. A cet effet, selon ces mêmes habitants, les enquêtes et les recensements se sont succédés depuis 1991, dont les derniers remontent à 1997. Une opération de relogement devrait bénéficier aux familles concernées par la démolition de leurs maisons. Mais pour le moment c’est le statut quo, «les logements restent fictifs et n’existent que dans les promesses de nos responsables », ironise un habitant. « La liste des bénéficiaires n’a pas été actualisée, la population a augmenté et la demande aussi, et même si on nous relogeait un seul appartement ne nous suffirait pas », dira Mourad, un autre citoyen rencontré. De plus, les habitants se disent être marginalisés par la distribution de logements sociaux et des aides à l’habitat rural, « notre village n’a bénéficié au dernier quota, que de quatre logements », dira encore Mourad. Devant cette situation, le P/APC « n’a pas daigné venir s’enquérir de notre situation quoiqu’il est quotidiennement de passage par ici », dira, d’un air furieux, un quadragénaire. Tandis que d’autres responsables, de la daïra de Bechloul et même de la wilaya, se contentent, disent ces habitants, de faire des promesses. Les habitants, qui ne décolèrent pas, comptent saisir le premier responsable de la wilaya via des rapports et des délégations de représentants.
L. M.

