Cette cité baptisée pompeusement «promotionnelle» constitue l’un des plus révoltants points noirs de la commune de M’Chedallah. Elle affiche un décor lamentable de délabrement pour ne pas dire de clochardisation qui se répercute sensiblement sur le quotidien des résidents, qui ne cessent de dénoncer l’abandon de ce quartier à travers de nombreuses doléances accompagnées de pétitions adressées aux autorités, restées malheureusement lettre morte.
Réceptionnés en 1997, les 56 logements ont été attribués sans la réalisation de l’ensemble des équipements et aménagements comme les voiries et allées non revêtues, dont certaines sont toujours a l’état de sentier en terre battue. A l’image de celle qui mène au lycée Naceredine, une piste qui reçoit les eaux de pluie transformant la piste en marécage dans lequel pataugent les lycéens. Par manque d’entretien, les avaloirs réalisés ont fini au bout de 2 ans de par être complètement bouchés ne servant plus à rien. Le même constat concerne aussi l’éclairage public dont l’ouvrage inopérant ne fait désormais plus qu’office de décor sérieusement amoché. En plus des résidents, il est enregistré dans cette cité un lycée, une école primaire, un CEM, une boulangerie, une pâtisserie, un cabinet médical, une pharmacie et enfin de nombreux magasins d’alimentation générale. Tous évoluent dans un environnement pollué et d’une saleté repoussante, doublée d’odeurs nauséabondes que dégagent les marres des eaux usées stagnantes.
Une situation déjà évoqué et dénoncé dans ces mêmes colonnes en septembre 2010, faisant réagir le président de l’APC quelques jours plus tard. Le premier magistrat de la commune nous a alors affirmé que le dossier d’aménagement de cette cité a reçu un avis favorable de la wilaya, et qu’une enveloppe financière a été dégagée et que le lancement des travaux est une question de jours. Force est de constater que 6 mois plus tard rien n’est encore entrepris pour apporter une quelconque amélioration à la situation relatée qui s’aggraverait avec l’approche de la saison chaude.
Le cas des 42 logements mitoyens est beaucoup plus complexe et énigmatique. Réceptionnés la même année 1997 dans les mêmes conditions, ces logements ont été attribués aux fonctionnaires de la wilaya. Nous apprenons que la plupart des fonctionnaires qui ont en bénéficié ne les ont pas occupés à ce jour, d’où les nombreuses tentatives de leur occupation par des squatters et qu’il fallait à chaque fois faire recours à la réquisition des forces publiques pour les déloger par des opérations d’expulsion qui comportent leur coté dramatique. À l’image du dernier squatter qui a failli se faire immoler lui et sa famille sur le tas de leurs affaires entreposées devant l’immeuble par des ouvriers de la commune. Le drame a été évité de justesse, grâce à la promptitude et la vigilance des gendarmes présents sur les lieux, qui ont réussi à le neutraliser avant que son geste d’extrême désespoir ne soit exécuté. Plusieurs résidents font de nouveau part de leur calvaire soulignant que d’ores et déjà les nuées de moustiques sont de retour et qu’elles leur mèneront la vie dure durant les 6 mois à venir. Cela sans évoquer la présence de gros et effroyables rats d’égouts qui trouvent en ces lieus… gîte et nourriture. Dans les tas d’immondices qui jonchent les allées qu’ils disputent aux chiens errants.
Oulaid Soualah

