Journée nationale de l’étudiant – Les étudiants la célèbrent avec des actions de protestation

La journée nationale de l’étudiant revienne cette année, avec une spécifié particulière, les étudiants vont la célébrer cette fois- ci, sous la tension de la protestation, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, depuis des mois. Le19 mai 1956, l’étudiant algérien a fait preuve de sa citoyenneté et de sa conscience politique en rejoignant l’action révolutionnaire pour militer contre le colonialisme et l’humiliation afin de préserver sa dignité et arracher ses droits.

En 2011, l’étudiant algérien se trouve toujours dans l’action militante et de protestation, contre ces même causes, il refuse d’être humilié par des diplômes dévalorisés, il refuse d’être un médecin, sans médecine et un pharmacien sans pharmacie.

Cette année, les facultés se sont transformées en de scènes de protestation, en vibrant presque quotidiennement aux cris des étudiants, qui ont scandé des slogans exprimant leurs désarrois vis-à-vis des conditions lamentables dont lesquelles ils étudient.

Cette protestation continue toujours malgré les intimidations et la répression, en effet les étudiants ont décidé d’investir leur journée nationale, en faveur de leur action de lutte  » à cette occasion, la coordination des sciences médicales organisera un don de sang au niveau de la Grande Poste, pour faire preuve de notre conscience, et montrer aux autorités qu’on n’est pas des voyous  » a affirmé Khaled Hammache, le représentant du conseil national de chirurgie dentaire. Quant au délégué des futurs pharmaciens qui sont en grève depuis trois mois,il dira que  » Pour nous cette année, ce n’est pas une occasion de fête malheureusement, c’est une journée de lutte et de protestation, il faut se sacrifier pour arracher nos droits « .

Dans le même sillage, l’union nationale des étudiants algériens (UNEA) a décidé d’observer une journée de protestation pacifique aujourd’hui, pour appeler les recteurs des universités à ouvrir le dialogue et la concertation avec les protestataires, afin d’éviter le pourrissement.

De ce fait, l’étudiant de 2011 réclame a fait également preuve de conscience, et réclame en effet, plus de prise en charge pédagogique, et l’amélioration de l’université algérienne afin qu’elle produise des diplômés compétents, des élites qui peuvent prendre en main l’avenir de l’Algérie.

Une occasion pour la réforme

La plate forme de revendication que présentent les étudiants, est une occasion pour mettre en place des réformes au sein de l’université algérienne, selon Saoud Salah docteur en sciences politiques à l’université d’Alger, qui estime que cette dernière connaît non pas une crise plutôt une catastrophe « l’université algérienne a délaissé sa vocation, et devenue un espace politique, et de corruption, en effe,t cette action de protestation estudiantine est une occasion pour remettre les choses à leurs place, et procéder à des véritables réformes « . Ajoutant, au vu des maux dont elle souffre, l’université actuellement, avec à leur tête, le fiasco du système LMD, l’étudiant a le droit de protester et revendiquer une meilleure formation  » le fiasco de ce système est dû à son inadaptation qui est faite d’une manière irrationnelle , sans nous faire participer comme si que nous n’avons pas des experts  » a souligné l’interlocuteur, citant à titre d’exemple, le nombre d’étudiant dans le groupe selon le système LMD, qui ne devrait pas dépasser les 15 étudiants, alors qu’actuellement les classes comptent plus 50 étudiants dans le groupe. Mettant également en exergue le manque terrible des moyens que nécessite son application  » le LMD exige beaucoup de moyens, en premier lieu, les labos, et malheureusement ,on y manque au sein des universités algériennes  » En effet ,leDr Saoud souhaite qu’il y ait une véritable réforme universitaire, qui permettra de former des cadres et non pas des  » handicapés ». D’ici là ces étudiants réussiront-ils à pousser la tutelle à mettre en place des réformes en faveur de l’université en faisant de 2011, une année de changement universitaire ?

S. S.