Les cadres de la direction de l’Education de la wilaya de Bouira, placés sous contrôle judiciaire depuis juin 2009, ont comparu hier- matin ,devant la cour qui devait se prononcer sur le rôle des 31 personnes soupçonnées d’avoir trempé dans les différents scandales ayant été mis à jour par le CNAPEST, et dont certains faits remontent à juin 2008. C’était un procès dont le verdict était attendu avec beaucoup d’impatience au vu de l’intérêt suscité par les citoyens.
En effet, et déjà lors des précédentes comparutions, la salle de la cour de justice s’était avérée trop exiguë pour contenir toute la foule venue assister aux procès des différents hauts responsables de l’académie. Parmi les accusés, l’ex directeur de la direction de l’éducation qui effectue toujours le déplacement de Khenchela pour répondre des chefs d’accusations retenus à son encontre mais également l’ex secrétaire général actuellement en poste au ministère de l’Education.
A noter que plusieurs chefs de services qui sont toujours en poste au niveau de la D. E de Bouira étaient aussi soupçonnés d’être impliqués dans ces scandales qui n’ont toujours pas dévoilés tous leurs secrets. Pour rappel, ces scandales impliquant à l’origine 69 personnes avaient été révélés d’une manière fracassante par le Cnapest de Bouira et avaient longuement défrayé la chronique juste après la période des examens de l’année scolaire 2008 – 2009. Le CNAPEST avait alors soulevé entre autres, des anomalies lors de la session de l’examen du bac, des recrutements fictifs au sein de la direction de l’éducation etc… Les minutieuses et longues investigations de la police avaient permis de déterminer la responsabilité de chacun des mis en cause avant leurs placements sous contrôle judiciaire. Parmi les griefs retenus entre autres, l’affaire dite des “ouvertures de postes fictifs” à des proches de quelques fonctionnaires de l’académie et la perception de paie par certains autres parents de hauts responsables. C’est ainsi que les enfants de l’ex directeur de l’académie, de l’ex secrétaire général et de chefs de services actuellement en poste avaient été appelés à la barre pour être entendu par le magistrat. Idem pour des enseignants recrutés durant cette période et qui ont répondu aux questions du juge. Une autre affaire dévoilée par le CNAPEST concerne la gestion des œuvres sociales ainsi que des irrégularités flagrantes ayant entachées l’examen du baccalauréat 2008 – 2009. De même, l’accusation d’un directeur d’établissement scolaire faisant part de corruption à l’encontre de certains responsables de la direction de l’Education. De graves accusations qui impliquent également des responsables de la Fonction publique concernant les concours des PES et des PEF. Le 22 juin dernier, et après un réquisitoire sévère, des peines de prison ferme avaient été requises par le procureur de la République contre les 34 cadres de l’académie de Bouira.
Des peines variant de 06 mois de prison ferme, de 03 ans d’emprisonnement contre les 12 cadres et autres chefs de services, et cinq années à l’encontre de l’ex directeur de l’Education de Bouira, M Bchichi ainsi que son ex secrétaire général T Achet. Le verdict attendu hier aura surpris plus d’un parmi l’assistance lorsqu’un non lieu a été finalement prononcé contre l’ensemble des mis en cause.
Un non lieu qui aurait pour origine l’implication du wali comme partie civile dans ce procès alors que c’était au ministère de l’Education de se porter partie civile. Pour le coordinateur du Cnapest, M Zoubir Messaoudi, que nous avons contacté et qui semblait tomber des nues en apprenant ce non lieu général “… la justice est souveraine est le CNAPEST n’a pas le droit de remettre en cause le verdict. ’’ Toutefois ,le syndicaliste exige du ministère de l’Education de rendre publique les enquêtes administratives à propos des scandales révélés ainsi que la réhabilitation de l’ensemble des mis en cause à leurs postes d’origine.
“Il s’agit d’une injustice si le Ministère de l’Education ne réintègre pas immédiatement le directeur muté à Khenchella, son secrétaire général muté au ministère ainsi que les autres chefs de services…. si le département de Benbouzid ne les réhabilite pas le plus rapidement, nous demanderons à ce que ce soit le ministre lui-même qui se porte partie civile dans ce procès… ’’
Hafidh B.

