Conclave en pleines turbulences

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Décidément, rien ne va plus dans la famille FFS, le plus vieux parti de l’opposition. Au moment où le peuple sort dans la rue pour réclamer un changement radical et l’instauration d’une 2e République, telle que rêvée par nos glorieux martyrs de la révolution de Novembre et voulu depuis 1963 par feu Hocine Aït Ahmed, fondateur du Front, hélas, les tenants du pouvoir au sein du parti s’entre-déchirent pour des postes de responsabilité.

Et le conseil extraordinaire auquel ont appelé deux membres de l’instance présidentielle risque encore une fois d’être houleux, sinon pire. Le clan de Laskri, et à travers une déclaration signée par l’actuel premier secrétaire, informe les élus et les membres du conseil national qu’aucun conseil extraordinaire n’était programmé pour ce vendredi 22 mars.

En effet, l’autre groupe, mené par deux membres de l’instance, avait convoqué un conseil extraordinaire pour après-demain. Du coup, l’affrontement entre la partisans du conseil extraordinaire et ceux qui sont contre fera sûrement beaucoup de bruit. A rappeler que le 8 mars dernier, les membres du conseil national du FFS s’étaient donnés en spectacle au niveau de leur siège.

Le pire a été évité de justesse. Hadj Djilani, le premier secrétaire jusque-là a été la première victime de ce dérapage, puisqu’il a été écarté, laissant sa place à Mhenni Hadadou, le P/APW de Béjaïa, pour une période d’un mois. Une période de transition qui était censée calmer les esprits et permettre de travailler dans la clarté pour le choix d’un nouveau premier secrétaire qui ferait le consensus.

Hélas, moins d’une semaine après, il a été renvoyé en catimini pour être remplacé par H. Belahcel qui à son tour est contesté par deux membres de l’IP et plusieurs membres du Conseil national. Deux membres de l’instance présidentielle, à savoir Mme Tayati et M. Chioukh, ont réagi immédiatement après la désignation de M. Belahcel : «Au nom de l’IP, le trio Laskri, Meziani et Chérifi ont décidé, sans avoir l’aval de l’ensemble des membres du présidium, comme le stipule la réglementation, de nommer M. Belahcel au poste de 1er secrétaire national», précisant que «l’article 47 des statuts explique bien que l’instance présidentielle exerce ses fonctions dans la collégialité.

Elle incarne l’unité et veille au respect de la ligne politique du parti conformément aux résolutions du congrès national». Du coup les deux membres considèrent que «la désignation de M. Belahcel comme premier secrétaire national est nulle et non-avenue». Et d’appeler les militants et les membres du conseil national à être «déterminés et à participer au conseil national extraordinaire du 22 mars courant». Rappelons que le conflit a commencé le 8 mars dernier, lors du conseil extraordinaire signé par les deux tiers des membres du conseil national. Les deux clans se sont donnés en spectacle au vu et au su de tout le monde. Il est malheureusement fort probable que le même scénario se répète après-demain. Il est même fort probable que l’actuel premier secrétaire national soit contraint de rendre le tablier et qu’un autre premier secrétaire soit désigné.

B. A.

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