L’entrée en crue de la totalité des cours d’eau de la région de M’Chedallah entraîne des dégâts incommensurables sur les terrains agricoles. L’un de ces cours d’eau, c’est Assif Sahel, qui traverse en plein milieu les légendaires plaines de la vallée du Sahel, dont les vergers les plus affectés sont ceux de Tivhirt Neya, sur la rive Sud de l’oued, et Chekra, la rive Nord, à Ighrem, dans la commune d’Ahnif.
Si c’est vergers subissent le plus de dégâts, c’est parce qu’il y a une jonction entre Assif Dahel et Assif Assemadh, dont les crues, provoquées par l’enclenchement du processus de la fonte des neige, arrivent de la haute montagne avec une extrême violence en raison d’un itinéraire presque à pic.
Plus bas et au niveau de ce même cours d’eau, ce sont les surfaces agricoles très fertiles d’Oughazi, à proximité de Raffour, au lieu-dit Achadhoukh, qui sont «englouties» à chaque crue. Une remontée des eaux qui s’approche dangereusement de cette importante agglomération et de plusieurs ouvrages, tels que la ligne électrique haute tension et le réseau de transport du gaz naturel, du côté nord.
Du côté sud, c’est surtout la non moins légendaire Taghzout N’Ath Mansour et ses champs maraîchers et arboricoles qui subissent les frais des spectaculaires crues d’Assif Sahel, dont les derniers dégâts en date remontent à mars 2016. Pour rappel, deux pylônes électriques de moyenne tension ont été emportés au même titre qu’une oliveraie composée de plus d’une douzaine d’oliviers adultes. Il y a lieu de rappeler que durant le mois de novembre dernier, les premières crues du même cours d’eau ont dévasté la passerelle qui relie le chef-lieu de commune d’Ath Mansour à Aharrach.
Ouvrages et habitations menacés
Les deux ruisseaux Assif levaâl et Assif Iwakuren, qui font jonction au lieu-dit Taghourfets Iroumyen (château français), à la limite territoriale entre Saharidj et M’Chedallah, «s’attaquent» aux terrains agricoles de Zouzamen et Avaâli et menacent même d’effondrement le pont de la RN15 qui enjambe Assif Iwakuren, à la sortie Est de Raffour.
Le danger est d’autant plus grand que le lit de l’oued subit une considérable pollution. En effet, des déchargements entiers et continus de toutes sortes de détritus, ordures ménagères et débris de matériaux de construction sont effectués sur les rives des oueds, en toute impunité.
Autre cours d’eau menaçant, Assif Tiksiridène, qui prend naissance en haute montagne à proximité du col de Tirourda, dans la commune d’Aghbalou, provoque de phénoménaux glissements de terrains. Ces derniers ont été signalés au village Selloum, où deux quartiers ont été entraînés avec plusieurs habitations effondrées ou à moitié englouties par des coulées de boue.
Une haute colline a également cédé, sur plusieurs dizaines de mètres du côté de Vouaklane. Dans le violent mouvement du sol, la décharge publique de cette importante agglomération s’est retrouvée au fond du ravin. Il y a lieu de signaler qu’il existe une technique des plus efficaces et à moindre frais pour éviter ou réduire les retombées de ce phénomène naturel. Il s’agit du système de correction torrentielle, plus connu sous l’appellation «gabionnage», que les services des forêts et l’hydraulique ont testé avec succès à plusieurs endroits, notamment à Taghzout N’Ath Mansour et à Tivhirt Neya, à Ighrem.
Cette technique consiste en l’assemblage de pierres abondement disponibles dans les rives d’oueds à l’aide du grillage zimerman, un matériau qui ne coûte pas cher. Ce système a été installé par les services des forêts à plusieurs endroits dans la circonscription de M’Chedallah lors de l’ouverture de pistes forestières et agricoles.
Il sert efficacement de mur de soutènement et consolide le sol. De l’avis des habitants de M’Chedallah, «il est temps de penser à mettre en œuvre cette technique des plus simples mais d’une inestimable utilité pour réduire les dégâts sur les terrains agricoles, les villages et les ouvrages d’utilité publique».
Oulaid Soualah

