«Non à l’article 102, oui à l’article 7», lisait-on sur une banderole brandie par le premier carré de la marche organisée, hier, au centre-ville de Boumerdès. Des centaines de citoyens ont afflué au chef-lieu de wilaya, pour participer à la sixième marche contre le système politique en place. La foule est venue dire «non» à l’application de l’article 102 de la Constitution.
Sur une pancarte brandie par un manifestant on pouvait lire : «L’article 102 est dépassé par la contestation populaire, vous auriez dû l’appliquer depuis sept ans, maintenant le peuple veut l’application de l’article 7, stipulant que le peuple est source de tout pouvoir». Plusieurs pancartes brandies signifiaient que le peuple ne veut plus des caciques du pouvoir en place depuis 1962.
Les manifestants, qui ont fait vibrer la ville de l’ex-Rocher Noir avec des slogans hostiles au pouvoir en place, ont encore une fois appelé à la préservation du caractère pacifique du mouvement. «El Djeich, Echaab, Khawa, Khawa», scandaient les marcheurs. «Nous ne sommes pas contre l’Armée, elle est issue du peuple, mais nous sommes contre cette proposition qui vise à faire sauver le système».
La procession citoyenne a arpenté les toutes les artères de la ville de Boumerdès, Ibn Khaldoun, le boulevard de l’indépendance et la rie menant à l’INH, avant de gagner le quartier du 11 décembre 1961. Par ailleurs, à Naciria, une grande foule a battu le pavé, clamant son rejet du plan de sortie de crise proposé, tout en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place et appelant à juger les voleurs.
A Bordj Ménaïel, Dellys, Issers et Boudouaou, la mobilisation ne faiblit pas. Des milliers de citoyens sont sortis dans la rue pour exiger «le départ de toutes les personnes symbolisant ce système grabataire, malade et source de tous les maux des Algériens», lit-on sur une banderole hissée par des jeunes manifestants.
Youcef Z.

