La concrétisation du projet du musée Matoub Lounes «est une question de jours», a affirmé, avant-hier à la Dépêche de Kabylie, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, lors de sa visite dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Selon le ministre, «les choses avancent bien» dans ce sens.
«On est en train de tout coordonner et nous mettrons les moyens nécessaires pour la concrétisation du projet du musée Matoub», a-t-il affirmé, insistant sur «la nécessité de l’aboutissement de ce projet pour réaliser le rêve de la famille, de la fondation et des milliers de fans de Matoub à travers le monde». Le ministre dira tout le «mérite» du défunt chantre kabyle.
Pour rappel, ce projet qui tient à cœur à la famille Matoub, en particulier sa sœur et sa mère, a fait l’objet d’une polémique, avec un refus et une objection catégoriques de la veuve du rebelle. L’histoire a commencé avec l’annonce de l’approbation du président de la République du financement du musée Matoub Lounes, à la demande de Malika Matoub.
«Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a approuvé cette demande et donné ses instructions pour le financement et le soutien en faveur de ce projet culturel qui vise la préservation de la mémoire de l’artiste Matoub Lounes, qui a contribué à la promotion de la chanson et de la musique algériennes dans sa dimension amazighe et au renforcement de l’identité nationale».
Dès le lendemain, Nadia Matoub, la veuve du défunt artiste, a intenté un procès contre sa belle-sœur auprès du tribunal financier, demandant la désignation d’un expert pour recenser les biens de Matoub Lounes et procéder à une évaluation financière en vue du partage des biens et de l’héritage.
La veuve a considéré que cette démarche de réaliser un musée au domicile familial est «une tentative de récupération de la mémoire de Matoub Lounes».
Des allégations qui n’ont pas été du goût de Malika Matoub qui a pris la démarche de sa belle-sœur comme «une tentative d’empêcher la réalisation du musée».
Malika Matoub, la présidente de la fondation, a affirmé sur les colonnes de la Dépêche de Kabylie, le jour même du procès, que «ce n’est pas sa première tentative, elle en a fait d’autres avant.
Quand on avait fait la demande du classement de la maison Lounes comme patrimoine, elle a intenté la même procédure. Une semaine après l’annonce de la création du musée Matoub, elle demande au juge de la République de procéder au partage».
«Comment d’un côté elle dit qu’elle ne cède rien à la République et d’un autre côté elle s’adresse à la République pour rendre cet héritage personnel ?», s’était interrogée la présidente de la fondation.
«C’est vouloir tirer Lounes vers le bas», avait-elle ajouté, se disant «prête et décidée à mener le combat pour que Lounès reste l’héritage de tous les Algériens».
Malika Matoub avait expliqué à ce moment-là que «ce qui revient de droit à la veuve ne dépasse pas les 23%. 77% des biens et de l’héritage de Matoub Lounes nous reviennent de droit à ma mère et à moi. Ces biens, on a décidé de les céder à la Fondation Matoub.
On a le droit de jouir de la maison et d’y habiter, mais elle reste la maison de Lounes. Tout ce qui est patrimoine mobilier et immobilier appartient désormais à la Fondation».
Malika Matoub avait ajouté : «Lounes a tranché sur cette question dans ses déclarations et dans ses chansons : ‘’Aylaw adyegri di ldjamaa adyughal dayla tadert »».
Le procès de cette affaire a été reporté à maintes reprises, pour absence des parties concernées.
La prochaine audience est programmée pour le 24 janvier, s’il n’y a pas un autre report.
Un procès qui, en définitive, n’aura aucun impact sur la réalisation du musée qui verra donc le jour dans les jours à venir, d’après les déclarations du ministre de la Culture.
Kamela Haddoum.
