Les fontaines sont des lieux pleins de vie que l’on trouve généralement dans les villages ou à proximité. Aujourd’hui, certaines d’entre elles sont tombées dans l’oubli, alors que d’autres ont perdu leur fonction sociologique. D’Afir à Tarihant, en passant par Boudjima, Ichetouanen, Tikatine, Agouni Oufekous, Takhamth N ldjir à Tarihant, ces lieux disparaissent les uns après les autres.
Aujourd’hui, il n’en reste plus que quelques-uns. A Boudjima, la culture des fontaines a résisté à la colonisation, en s’adaptant comme elles pouvaient. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, les villageois gardent en mémoire «Abassane Lkaïd». Cette fontaine aménagée dans la partie Sud du village a disparu et il ne reste que les vestiges de sa construction blanche de chaux. Les colons ont aménagé toutes les sources qui s’y trouvaient. Mais quelques décennies après l’indépendance, ces dernières ont tari.
En perdant leur fonction sociologique, ces lieux n’ont plus de sens et sont désormais en proie au laisser-aller et à l’abandon. A Agouni Oufekous, quelques fontaines résistent encore à l’oubli. Au niveau du village Ighzer-Nekba, la fontaine «Tala Medouassa» est encore utilisée mais pas comme jadis. Avant, celle-ci alimentait en eau potable plusieurs villages. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Quelques familles seulement continuent de l’utiliser souvent pour l’irrigation des jardins potagers réalisés dans ses alentours.
Bien qu’elle soit nettoyée chaque année, «Tala Medouassa» a perdu sa fonction sociologique regroupant toutes les femmes du village. Non loin de là, Taawint N Jrou a subi une agression sauvage qui l’a fait disparaître totalement. L’ouverture d’une piste agricole a eu raison de cette fontaine qui jaillissait sous les cyprès et le passage des bulldozers n’a pas réveillé la conscience des responsables pour l’épargner de la destruction. A Takhamth N Ldjir, une autre fontaine résiste encore au temps qui passe mais des indices montrent que son utilisation baisse d’année en année. Cela conduira sans nul doute à sa disparition.
A Tarihant, au niveau du lieu-dit «Laînser», une autre fontaine résiste également aux affres du temps. Située au bord de la route reliant la commune au chef-lieu de wilaya, elle est utilisée durant l’été par les usagers et les villageois. Enfin, il convient de signaler que la protection de ces sites, qui sont l’âme des villages, est du ressort des autorités et du mouvement associatif.
Akli N.

