Feraoun s’enlise depuis plusieurs semaines dans ses immondices malodorantes et ses déjections fangeuses. Le parcours du chemin qui bifurque vers la commune, à partir de la RN75, donne un avant-goût de l’ampleur de la dégradation du cadre de vie, qui rend insupportable le quotidien de la population.
Les accotements de l’axe routier sont jonchés de ballots putrides, de sacs d’ordures éventrés et de vides de boissons de toutes natures. Représentant le plus important gisement de déchets, en raison de sa densité démographique, le chef-lieu est défiguré par les immondices. Des amoncellements de sacs poubelles, des amas d’ordures, jetés anarchiquement, confèrent à cette cité urbaine, une image des plus repoussantes. «C’est une manière de souhaiter la bienvenue à nos invités, à défaut de pouvoir le faire avec des fleurs», ironise un retraité, selon lequel la collecte et l’enlèvement des déchets ne se font plus depuis plusieurs semaines. «Depuis la fermeture de la décharge communale, les ordures envahissement tous les espaces», relève-t-il.
La collectivité locale, qui a pour mission la promotion de l’hygiène publique et la préservation de la santé du citoyen, s’avoue impuissante. «En dépit de nos moyens dérisoires, nous faisons l’impossible pour garantir un environnement propre et sain à nos concitoyens. Nous sommes conscients du danger que représentent ses ordures sur la santé publique et nous ne ménageons aucun effort pour vaincre les résistances et dépasser les obstacles qui freinent la localisation d’un site approprié pour l’entreposage de nos ordures», assure un élu de l’APC.
Les villages et les localités situés à la périphérie du chef-lieu communal affichent le même décor crade et repoussant. Des monticules d’ordures en décomposition, des emballages divers, des dépotoirs sauvages s’imposent à la vue. «Les citoyens sont désemparés. Ils se débarrassent de leurs ordures quand bon leur semble et où bon leur semble», déclare un citoyen du village Aït Ounir.
«Les riverains tentent d’éliminer leurs déchets par des moyens de fortune. D’aucuns recourent à l’incinération pour en réduire le volume, mais ce procédé pose plus de problèmes qu’il est censé en résoudre», affirme un villageois d’Iadnanen. «Par ces temps de canicule, le risque d’une flambée épidémique n’est pas à écarter. Il faut parer à cette situation avant qu’il ne soit trop tard», alerte-t-il.
N Maouche

