La décharge d’Ichikar, localité agropastorale située à équidistance entre les chefs-lieux municipaux de Tazmalt et Boudjellil, continue de défrayer la chronique. En effet, cette immense décharge s’étalant sur plusieurs hectares sur les berges et le lit de l’oued Assif Aâbbas (Sahel) reçoit des tonnes de déchets ménagers et industriels quotidiennement, ce qui agresse gravement l’environnement constitué de fermes agricoles (oliviers et autres arbres fruitiers) et d’un couvert végétal fait de tamaris, sans oublier les eaux dudit oued qui sont grandement polluées.
Pourtant, les annonces de son éradication ne manquaient pas par le passé mais sans que les pouvoirs publics ne passent à l’action. Dans ce sens, il était prévu la réalisation d’un centre de traitement et de recyclage des déchets (joint-venture espano-algérienne) à proximité de cette décharge. Mais pour des raisons obscures, ce projet a été déplacé jusqu’à Allaghane, où une farouche opposition à sa concrétisation a été manifestée par les habitants à cause de l’emplacement choisi, où se trouve un CEM et des maisons. Pendant ce temps, la décharge d’Ichikar enfle chaque jour avec l’arrivage de nouveaux monceaux de détritus des communes limitrophes.
Cela indispose les riverains, qui n’ont pas cessé d’attirer l’attention des autorités à tous les niveaux, afin d’en finir avec leur calvaire qui dure depuis au moins deux décennies. D’autre part, il faut savoir que l’incinération des déchets par les éboueurs avec les odeurs fétides qui s’en dégagent les indispose également et pollue leurs récoltes, comme les maraîchages et les fruits. «Nous avons saisi maintes fois les différentes autorités sur le problème de la décharge d’Ichikar, mais nos doléances sont restées lettre morte. Nous endurons le supplice suite aux
fumées asphyxiantes et aux odeurs pestilentielles, en plus des problèmes de santé que tout ce chaos engendre surtout à nos enfants, comme les maladies respiratoires et les allergies. Nous lançons donc un énième appel à la wilaya afin d’éradiquer cette décharge, qui nous cause beaucoup de problèmes», insiste un habitant de ce hameau.
S. Y.

