Le point – Pétrole, quel est ton rôle ?

Par Ali BOUDJELIL

Puisque le mois de mars invite à planter avant qu’avril ne s’ouvre avec son poisson, il urge de remuer énergiquement terre et un peu moins ciel. Tout en priant que des nuages chargés couvrent l’azur, il importe de planter un peu plus d’arbres fruitiers que d’arbres ornementaux. Voyons, regardons et admirons pousser les fruits de notre labeur. Tout ceci pour oublier que ce printemps à venir commence par une chute drastique des prix du pétrole. À moins de 34 dollars le baril, la situation se complique sérieusement et il va falloir revoir les prévisions budgétaires et le contenu des caisses, tout en attendant que le Corona soit définitivement viré ou que le Covid ne vide plus.

L’OPEP, à laquelle l’Arabie Saoudite vient de fermer les dominos, saura-telle jouer avec sa carte maîtresse pour effacer son échec à se mettre d’accord avec ses alliés pour soutenir les cours ? Mais si on commençait à oublier l’or noir pour voir que notre sable du Sahara est de même couleur et qu’il fait rêver les aventuriers du monde entier, que le littoral du plus grand pays d’Afrique regorge, tout au long de ses 1 622 kilomètres, de belles plages et de paradisiaques criques, que les montagnes du Djurdjura, des Aurès et des Bibans sont autant d’attraits, on admettrait ou comprendrait facilement que nous perdons une richesse, facilement exploitable. Il faut juste arrêter de regarder, comme d’une tribune d’un court de tennis, passants et passantes et ce que fait le voisin dans sa taverne ou sa caverne.

Il est certes plus facile de déplacer des montagnes que de changer des mentalités, mais quand la misère pointe à l’horizon, il est plus que judicieux de se dire qu’il y a bien des pays qui vivent hors hydrocarbures. Leur souci de dénicher des énergies et des idées renouvelables leur assure une bonne place dans le paradis terrestre. Car ils ont compris, depuis qu’ils ont vu de quoi est fait le sol où ils sont nés, que l’agriculture n’aime pas le béton et que le tourisme a horreur des intolérances, persuadés surtout que cueillir et accueillir, c’est se faire plaisir. Résumons : le pétrole est un bon acteur, mais quand un metteur en scène lui donne un mauvais rôle, il chute… même sans Covid-19.

A. B.