Manifestations des étudiants contre le système – Un autre mardi de marches à Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira

Pour un autre mardi de manifestations contre le système, la communauté universitaire de Béjaïa a défilé, hier, dans les rues du chef-lieu de wilaya. Entamant leur marche depuis le campus de Targa Ouzemmour, les étudiants, enseignants et travailleurs de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa ont repris, à tue-tête, leurs slogans habituels, appelant à un changement du système à travers la mise en place d’un processus constituant.

Sur l’esplanade de la Maison de la culture, ils étaient des centaines de manifestants, dont des fonctionnaires de plusieurs secteurs et des animateurs du mouvement citoyen, à attendre, dès la matinée déjà, l’arrivée des étudiants. Les deux cortèges ont ainsi formé une masse compacte qui s’étendait sur des centaines de mètres. Scandant des slogans hostiles au pouvoir, la procession humaine, qui avançait lentement vers le centre-ville de Béjaïa, a appelé à la satisfaction des revendications du mouvement du 22 février.

Quelques manifestants, faut-il le signaler, portaient des compresses oculaires en signe de solidarité avec les jeunes blessés, jeudi dernier, en marge de l’opération de vote, notamment à Djebira, dans la commune de Boukhlifa. Pour un 43e mardi de mobilisation, la communauté universitaire de Béjaïa ne compte pas lâcher la pression sur les tenants du pouvoir jusqu’à un changement effectif du système. La manifestation s’est déroulée dans une ambiance bon enfant et aucun dépassement n’a été enregistré. A noter qu’une manifestation similaire a eu également lieu à Tizi-Ouzou.

A Bouira, également ce fut un mardi de manif’. Et il n’y avait pas que des étudiants lors de la marche d’hier, car un nombre impressionnant de citoyens les ont rejoints pour battre le pavé en scandant des slogans hostiles au pouvoir. C’est devant le portail de l’université Akli Mohand Oulhadj que les étudiants ont donné le coup d’envoi de cette 43ème marche pacifique en direction de l’esplanade de la Maison de la culture, en arborant des pansements oculaires en guise de solidarité avec les jeunes blessés lors des émeutes de jeudi dernier.

La revendication qui revenait le plus lors de cette manifestation demeure la libération des détenus. Certains manifestants brandissaient des posters des détenus, à l’image de Bouregaâ, Tabou,… alors que d’autres côtoyaient l’emblème national et le drapeau amazigh. Les étudiants et autres marcheurs se sont dispersés aux alentours de midi dans le calme après des prises de parole à l’esplanade de la Maison de la culture Ali Zamoum de différents intervenants qui ont réitéré le mot d’ordre du mouvement, à savoir «Silmia, silmia».

F. A. B. et H. B.