Reconnaissant l’importance du taux de chômage, trop élevé, dans la wilaya de Tizi Ouzou, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), M. Ahmed Ouyahia, a prôné, lors d’un meeting électoral tenu hier en début d’après-midi à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-ouzou, l’aide et l’encouragement à la création de micro-entreprise. Des aides qui devront renforcer les dispositifs de création d’emplois de jeunes déjà existants.
Evoluant face une salle pleine comme un œuf, l’ancien chef du gouvernement tout en refusant de se laisser revenir aux années de crise qu’a traversé le pays, notamment en matière de crise économique due à la dégringolade des prix du pétrole dans les années 80 et à l’acharnement terroriste dans les années 90, il estima que l’avenir de l’Algérie réside dans le travail et rien que le travail. C’est pour cela, a t-il argué, que l’Etat doit mettre des bouchées doubles pour venir en aide à ses citoyens dans la création et le développement de leurs activités socio-économiques.
D’ailleurs, pour le chef du RND, le programme de son parti, que ses futurs élus à l’Assemblée nationale vont défendre, s’articule autour de deux sujets dominants. Il s’agit de la poursuite de la lutte antiterroriste et le développement économique via des mécanismes d’aides et de soutien à la création d’entreprises et d’emploi. Concernant tamazight, Ahmed Ouyahia a été très évasif, même si son discours a été entièrement prononcé en kabyle.
» Vive l’éradication « , a t-il entonné par trois fois lorsqu’il a abordé la lutte antiterroriste, en réaffirmant l’engagement de l’Etat, avec l’appui de la politique de sa formation, dans la traque contre les terroristes mais aussi, dans la consécration des dispositifs de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. » Ceux qui veulent se rendre, les portes de la République sont ouvertes ; Ceux qui veulent mourir qu’ils meurent « , dira-t-il encore comme pour étayer ses convictions sur le double dispositif, réconciliateur et militaire, pour mettre fin à » la tragédie nationale. »
Sur le plan économique, Ouyahia veut s’illustrer par des mesures incitatives à la consommation en proposant la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les produits à large consommation produits en Algérie. Une mesure, note-t-il, qui devra encourager la production et soulager les familles à faibles revenus. » Au lieu de s’acharner sur l’augmentation des salaires qui ne se réalisent pas ou peu, il est plausible de réduire les prix à la consommation en procédant par la baisse des taxes », a-t-il également expliqué.
D’autres maux qui gangrènent la vie sociale des Algériens ont été également évoqués par l’ancien chef du gouvernement, même si durant toutes les périodes où il fut à la tête de l’exécutif, peu de choses ont été faites par son équipe pour les solutionner, à l’image de l’aide à l’investissement et l’attraction incitative des expatriés porteurs de projets d’investissement mais aussi dans la réduction de la crise du logement.
Sur ce sujet, il dira avec humour que » même le Prophète n’arrivera pas à solutionner la crise du logement ». » Ouyahia n’a pas omis de fustiger les lenteurs bureaucratiques » à l’origine du retard dans l’exécution des projets de développement. » Nous proposons, par exemple, l’allégement du nombre de pièces demandées dans les dossiers administratifs et l’établissement de la carte nationale d’identité informatisée qui se substituera à beaucoup de pièces d’état civil « , dira t-il encore.
Evoquant le banditisme, le premier responsable du RND, formula trois propositions phares : » Le maintien de l’effort de modernisation de la justice et de renforcement de ses moyens y compris carcéraux ; le durcissement extrême des lois réprimant le crime et le banditisme et le développement de la participation citoyenne à la lutte contre le banditisme et la criminalité. »
Fustigeant dans cet ordre d’idée les promulgations abusives des lois de grâce qu’il assimile à des opérations de » gestion des stocks » dues à l’exiguïté des centres carcéraux, le chef du RND prône la construction d’autres centres de détention et l’application rigoureuse de la loi pour punir les criminels. Tout en lançant des clins d’œils aux délégués des archs, il salue la réussite du dialogue qui » se poursuit avec mon frère Belkhadem « , et se targue d’être à la tête d’un parti qui a contribué à la sauvegarde de l’Algérie.
M. A. T.
