Bouzguène Le bétonnage de la route entrepris après la révolte des quatre villages mercredi dernier – Quand l’administration donne le mauvais exemple

Après une protestation qui a mobilisé pratiquement tous les habitants des villages Ibouyisfene, Aït Saïd, Ibekarene et Aït Ikene qui ont bloqué pendant toute la journée de mercredi dernier, l’administration publique à Bouzeguène, ces derniers ont réussi à obtenir gain de cause. Etant donné que les travaux de réhabilitation de la route desservant les quatre villages ont été entamés dès hier.

Bloquer la route, fermer les édifices publics pour voir les exigences de la population prises en considération par l’administration et les autorités locales, sont des procédés devenus monnaie courante en Kabylie.

Cette manière de faire est aussi de plus en plus efficace. C’est même la meilleure façon de faire réagir les responsables à se pencher sur les doléances des citoyens. Ces derniers qui avant prenaient leur mal en patience, et n’osaient rien d’autre à part réitérer leur revendication auprès des administrations qui faisaient la sourde oreille et se terraient dans un silence qui prédisait à chaque fois, leur insouciance. Pis encore, les administrations semblent, “pousser” les citoyens à sortir dans les rues à travers les promesses qu’elles accomplissent qui n’arrivent jamais à voir le jour. Par ailleurs, du côté des autorités locales, au quatre coins de la wilaya, le maître mot paraît n’être autre que la “bureaucratie méprisante à l’égard du citoyen», qui reste vouer à lui-même. Ces autorités qui semblent même guetter les protestations des populations dans la rue afin de daigner bouger le petit doigt et faire en sorte que les préoccupations de ces derniers soit prisent en considération. Ainsi, aucun jour ne se passe sans qu’une manifestation, une grève, où autre blocage d’une route ne soit signalé ici et là par les citoyens pour qui les réclamations vont du simple revêtement d’une route et du manque d’eau, à la demande de logements. Ceci dit, la population locale n’a d’autre choix que de se soumettre à ce nouveau procédé qui d’ailleurs, porte bien ses fruits “tant pis si on doit sortir bloquer les routes, fermer les sièges des APC et des daïras, le tout c’est que cela réussisse à faire bouger les choses, et surtout à faire bouger les concernés qui se sont longtemps cachés sous des paroles non tenues”. Le ton donné et les exemples “à suivre” ne manquant pas, les citoyens n’hésitent plus à affronter l’autorité qui les a longtemps délaissés. C’est le cas notamment pour les citoyens des villages Ibouyisfene, Aït Saïd, Ibekarene et Aït Ikene, qui ont réussi haut la main leur action de protestation. L’administration, ciblée par le mouvement de protestation, a été fermée et son activité paralysée par la même occasion. Et pour cause, les citoyens des villages Ibouyisfene, Aït Saïd, Ibekarene et Aït Ikene ont voulu protester contre l’administration locale. Pendant toute la journée de mercredi, tous les bureaux de l’administration au niveau de la localité de Bouzrguène ont été bloqués par les citoyens des quatre villages qui réclamaient que la route qui relie leurs quatre villages, d’une distance de 3 kilomètres, soit retapée à neuf. Une chose que les villageois réclament depuis belle lurette sans pour autant la voir concrétiser. Les citoyens qui n’ont pas abdiqué pendant toute la journée, ont été reçus par le chef de daïra qui leur a promis de se pencher sur leur cas. Une chose qui n’a pas tardé à se concrétiser étant donné que trois jours plus tard, soit hier samedi, les travaux de réhabilitation ont été entamés au niveau de cette route. Et ce n’est sûrement pas les exemples de la triomphe des habitants par ce genre protestations qui manquent. C’est le cas notamment pour les habitants de Tamda, Chamlal, Sikh Oumedour, Draâ Ben Khedda, Azazga, Fréha entre autres, dont la révolte a fait changer le cours des choses. Un rituel de plus en plus pratiqué et il faut dire que c’est dommage d’en arriver là pour voir se concrétiser un droit pourtant légitime.

T. Ch.