La wilaya de Tizi-ouzou a abrité hier, l’avant-dernière rencontre régionale du Conseil national économique et social (CNES), présidée par Mohamed Seghir Babès. Deux autres wilayas du centre, Boumerdés et Bouira, en l’occurrence, ont pris part à ce rendez-vous.
Inscrite sous le thème « développement local et attentes des population », la rencontre était une occasion, pour les représentants des trois wilayas, de soumettre au conseil les préoccupations des populations locales. La rencontre a vu l’intervention des membres de l’exécutif, des élus locaux et des parlementaires des trois wilayas. Ceci, en attendant la rencontre avec la société civile, représentée par les différentes associations, qui aura lieu le 31 du mois en cours. Les premiers magistrats des trois wilayas, qui se sont succédés devant l’assistance, ont de ce fait manifesté leur volonté à voir le vécu réel des populations amélioré et ce à travers justement l’écoute et la prise en charge de leurs attentes. Ainsi, et au cours de son intervention pendant la même rencontre, le premier responsable de la wilaya hôte, M. Abdelkader Bouazghi, a tenu à signaler que « contrairement à ce que l’on pourrait croire, le développement n’est pas dans la réalisation de projets et dans l’exécution des programmes quinquennaux, mais dans la création de richesses et de postes d’emploi permanents, à même de venir à bout des préoccupations citoyennes », dira t-il. M. Bouazghi a, de ce fait, soulevé « l’absence d’une réelle relance économique dans la région, à même de créer des postes d’emploi pour les jeunes». Il voudra, pour exemple, les zones industrielles et les zones d’activité qui n’arrivent pas à satisfaire les demandes croissantes en emploi dans la wilaya et qui ne génèrent que quelque 6 mille postes de travail », ce qui, selon lui, est loin d’être suffisant. Dans le même sillage, le wali de Tizi-Ouzou déclarera que le capital privé « est absent. L’industrie privée ne vient pas », dira-t-il. Ainsi, enchaînera-t-il, « sur les 18 zones d’activité recensées sur plus de 600 h, 1522 lots ont été attribués, et parmi eux 130 industriels privés qui n’emploient que 4 mille ouvriers permanents ». L’urgence étant, pour lui, de régler le problème du chômage qui devient « de plus en plus récurrent ». Le wali n’hésitera pas à avouer que, contrairement aux autres wilayas, « Tizi-Ouzou manque de projets d’envergure », un état de fait dû,; selon l’orateur, au manque de foncier dans la région.
Régler le problème du chômage, une urgence !
Ceci, ajoutera-t-il, « en plus des contraintes du terrain qui stoppent ces programmes de développement local ». Il citera, aussi, le manque en moyens de réalisation, mais aussi « les organismes et les entreprises aptes à prendre en charge la réalisation de grands projets ». S’agissant des plans communaux de développement (PCD), M. Bouazghi suggèrera de revoir l’attribution du budget « qui se fera selon les besoins de chaque localité ». Car, selon lui, les collectivités locales sont incapables de faire face à des dépenses urgentes, « alors que c’est à elles que revient la gestion de tels projets imminents ». A signaler que les trois wilayas participantes ont soulevé un même problème qui ferait ralentir la réalisation des projets et des programmes, il s’agit de la centralisation de ces derniers. Car, selon les trois intervenants, à savoir les walis de Boumerdés, de Bouira et de Tizi-Ouzou, « nous sommes pour la décentralisation, mais avec le programme d’accompagnement ainsi que les moyens matériels et techniques qui vont avec», précisant que la décentralisation ne s’est faite qu’au niveau de la distribution, citant l’exemple du transport des marchandises, qui est lui « bien centralisé ». A signaler que la rencontre était, aussi, une occasion de faire ressortir le rôle de la société civile laquelle « à travers le mouvement associatif, doit être impliquée dans cette dynamique de développement », dira M. Bouazghi, chef de l’exécutif de la wilaya hôte de cette rencontre avec le CNES. Une conception soutenue par le président du Conseil national économique et social (CNES), Mohamed Seghir Babès, qui confirmera « la nécessité de créer un meilleur cadre pour le mouvement associatif pour qu’il puisse exprimer les besoins des populations ». Par ailleurs, il y a lieu de signaler qu’à travers ces rencontres qui ont sillonné tout le territoire national, il sera procédé à la mise en oeuvre d’une plate-forme regroupant les recommandations des populations des différentes régions du pays. Cette dernière sera introduite dans un programme national de réformes qui sera transcrit avant la fin de l’année en cours, pour être rapidement appliqué. Ce qui est sûr, c’est que ces rencontres auront permis de soulever les problèmes des populations des régions participantes, à travers leurs représentants, mais aussi les associations représentatives de la société civile, et de faire en sorte que les réelles préoccupations et les attentes des citoyens soient prises en charge, ainsi qu’au CNES de venir au contact de ces représentants.
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