Les membres du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation ont exigé hier, lors d’une conférence de presse tenue au siège du syndicat, une commission d’enquête qui viendrait se pencher sur la gestion du secteur.
Le bras de fer entre le Satef et le directeur de l’éducation au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou semble bien parti pour durer. En effet, entre le directeur, qui « ne reconnaît pas le syndicat », et le SATEF qui dénonce « les irrégularités dans le secteur de l’éducation au niveau local », le ton est donné pour une bataille désormais engagée dans les tribunaux. Hier, au cours d’une conférence de presse tenue au siège du syndicat, les membres de ce dernier ont exigé de la tutelle qu’une «commission d’enquête soit diligentée afin de mettre à nu toutes les anomalies qui caractérisent le secteur de l’éducation au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, qui se trouve dans un état lamentable», déclarent-ils. Le secrétaire général du Satef assure, par la même occasion, que «nous pouvons, documents à l’appui, prouver tout ce que nous rapportons». Il fera allusion au fait que « le directeur local de l’éducation ne reçoit pas, même pendant les jours de réception». Il n’omettra pas aussi de stigmatiser les attributions de logements auxquelles procède le directeur de l’éducation «sans passer par une commission, mais uniquement selon son bon gré». Le SG du Satef condamnera également «la falsification des cartes scolaires au bénéfice des ex professeurs, désormais partis à l’étranger, qui continuent à percevoir leurs salaires». Le conférencier parlera «des gestionnaires aux niveau de l’académie locale qui sont tous des faisant fonction». Ajoutant que «beaucoup d’autres anomalies sont signalées dans un secteur, que seule une commission d’enquête pourrait dévoiler et déterminer la responsabilité des uns et des autres». Autre point sur lequel les conférenciers n’ont pas lésiné sur le vocable, les résultats satisfaisants des examens de fin d’année qui ne sont pas, selon eux, «le fruit du travail du directeur, mais celui d’une longue labeur des élèves, de leurs parents et des professeurs, et même des anciens directeurs de l’éducation». Abondant dans le même sens, M. Amoura Boualem dira que « le directeur de l’éducation n’a pas le droit de se vanter et de faire sien les résultats des examen de fin d’année ». Pour le premier responsable du syndicat « ce n’est pas le directeur qui paie le prix fort afin que les élèves réussissent». Il ajoutera que, selon une enquête réalisée par le syndicat, ils sont « pas moins de 92% d’élèves des différentes classes d’examen à faire appel à des cours de soutien et qui travaillent dans des conditions parfois lamentables». Les grèves à répétition au niveau de certains établissements sont « des preuves tangibles ». Il citera le cas de l’établissement Oudiyi à Tikobaïne où les élèves n’ont repris les cours qu’hier. Ceci, alors que le directeur de l’éducation a parlé la veille, dans son intervention à la radio locale « de problèmes pris en charge », concernant notamment l’état de certains établissements au niveau de la wilaya. Ceci, pour répondre aux actions de protestation. Pour revenir au procès à travers lequel comparaîtra le secrétaire général du syndicat, suite à une plainte déposée par le premier responsable du secteur de l’éducation au niveau de la wilaya, l’avocat de la défense parle «d’une plainte infondée juridiquement, irrecevable syndicalement et incompatible pour un représentant de l’éducation». Le secrétaire général du Satef a, pour rappel, fait l’objet d’une plainte pour diffamation. Pour Maître Sahli, membre du collectif d’avocats constitué par la Ligue algérienne pour la défense des doits de l’homme afin de défendre l’inculpé il s’agit là «d’intimidation et de harcèlement judiciaire qui fait suite aux autres harcèlements que subit le secrétaire général du Satef».
T. Ch.

