Un événement passé sous silence !

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A Maâtkas et à Souk El Tenine, la journée mondiale de la femme a été semblable à toutes les autres journées. C’est à croire que la gent féminine n’existe pas dans la localité. Pourtant, les femmes de la région, de par leur participation active dans la lutte de libération nationale, par le passé et dans la construction du pays, de nos jours, en occupant tous les postes d’intérêt général tels dans l’enseignement, la police, la santé l’artisanat… méritent bien plus de considération. Hélas, les responsables locaux et même ceux du mouvement associatif et culturel n’ont pas jugé utile de leur organiser une petite réception qui leur serait sûrement allée droit au cœur après de longs mois de travail et de labeur. Ces femmes que les responsables du pays tentent de faire participer dans la gestion et le développement du pays dans le cadre de la nouvelle loi électorale avec l’imposition de quotas de représentativité qui n’est apparemment pas du goût de certains, sont toujours traitées avec autant de mépris. On se contente de les exposer comme des décors, notamment lors de festivals et les différentes fêtes organisées pour intérêts réduits ou électoraliste. Où sont, aujourd’hui, ces femmes rurales, vielles et jeunes, que l’on invite au festival de la poterie de Maâtkas ? Elles ont pourtant toujours été présentes, faisant toujours de leur mieux pour faire honneur à la région. N’aurait-il pas été logique d’initier, en cette occasion du 8 mars et en vue de les remercier pour tous leurs efforts, une petite réception qui n’aurait pas tant coûté.

N’aurait-il pas été judicieux de réunir toutes ces personnes qui ne sont, en fait, que nos mères, nos sœurs, nos collègues de travail et nos propres femmes, et leur dire tout notre respect, notre considération, notre amour et notre reconnaissance ? A Maâtkas, cela n’a pas semblé intéresser grand monde. Elles sont des dizaines a être employées dans le cadre du filet social et rémunérées mensuellement à 3000 malheureux Dinars. On les trouve partout, dans les écoles, les mairies et dans les centres de soins. Elle travaillent sans relâche et s’occupent de préparer les repas des élèves, de nettoyer leurs salles de classe, de veiller à la propreté des bureaux administratifs et des salles de soins. On les trouve, également, dans le cadre du pré emploi, elles ne perçoivent qu’un salaire minable qui ne suffit même pas à leurs besoins personnels. Ces femmes ont, à notre sens, besoin d’emplois stables, durables et rémunérés à la hauteur de leurs sacrifices. Mais, de plus, aller jusqu’à les ignorer même pendant leur journée internationale, cela est une négligence avérée et impardonnable.

Hocine Taib

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