Ouyahia ne quittera pas le gouvernement

Partager

Le chef du gouvernement, qui a refusé de s’exprimer en tant que tel comme à ses habitudes lorsqu’il s’agit de réunions partisanes, a fini par céder aux multiples questions des journalistes qui ont beaucoup insisté sur ce point. « Nous n’avons pas discuté de ce point précis avec mes amis de l’Alliance (…) En tout cas, le chef du gouvernement vous donne rendez-vous en janvier ou février 2006 pour la présentation de son bilan pour l’année 2005 devant le parlement », a tranché Ahmed Ouyahia, qui dit « transmettre, à l’occasion, les salutations du gouvernement » aux journalistes. S’exprimant au nom de l’Alliance, qu’il préside désormais pour trois mois, l’actuel chef de l’exécutif estime « normal » que des partis politiques « expriment leur ambitions » de présider le gouvernement. Mieux, le contraire serait, à ses yeux, anormal étant donné que l’objectif de chaque parti politique est de « parvenir au pouvoir pour appliquer son programme ». Cependant, et pour mieux enfoncer les chefs du FLN qui réclament avec insistance la chefferie du gouvernement, Ouyahia se réfère au Président de la République à qui revient « la prérogative de nommer qui il veut » à la tête du gouvernement. Pour le reste, c’est-à-dire les rumeurs qui le donnent partant, le leader du RND ne s’en soucie apparemment pas beaucoup. Pour appuyer sa thèse, il dit trouver « anormal qu’on parle d’un remaniement au lendemain du changement intervenu le 1er mai dernier ». Pour ne pas viser une cible précise, il trouve que quatre parties sont derrière ces « allégations ». Il y’a, d’après lui, ceux qui « veulent des postes à tout prix », les « idéologues » qui parlent de « deux courants au gouvernement », ceux que « l’alliance dérange » et, enfin, ceux qui défendent « leurs intérêts ». Ouyahia pense justement, par rapport à ces derniers, qu’il y a beaucoup « d’intérêts en jeu » de la part de « ceux qui ne veulent pas la stabilité » et qui sont « dérangés par le fait que l’Etat retrouve sa force et commence à s’attaquer à la corruption et autres fléaux ». Et de mettre ces déclarations sur le dos de « ceux qui parlent à la place du Président de la République ».A demi-mot, et certainement pour ne pas froisser ses partenaires du MSP, mais surtout du FLN, qui ont encore une fois affiché une entente de façade, somme toute conjoncturelle, Ahmed Ouyahia a rappelé que, de son avis, la révision constitutionnelle n’est pas à l’ordre du jour. Il renvoie les dirigeants du Front de libération nationale à l’époque où son parti avait la majorité parlementaire mais pas le gouvernement. « En 2001, nous avions la majorité au parlement, alors que le gouvernement était présidé par un frère qui était à l’époque secrétaire général du FLN (Ali Benflis). Nous n’avions rien dit parce que notre Constitution permet au chef de l’Etat de nommer un chef du gouvernement de son choix », a-t-il rappelé devant les regards médusés de Amar Tou, un membre de l’instance exécutive du FLN qui a assisté, aux côtés d’autres responsables de sa formation, à la conférence de presse. Le conférencier avoue même que des responsables de son parti lui avaient suggéré à l’époque de se « se retirer du gouvernement ». Une manière de dire que les déclarations des responsables du parti de Abdelaziz Belkhadem « n’engagent que leurs auteurs » et relèvent du domaine « individuel ».De toute manière, Ahmed Ouyahia a trouvé l’occasion idéale pour mettre fin, momentanément du moins, aux prétentions de ses rivaux du FLN. Que feront ces derniers maintenant qu’ils ont la réplique, eux qui étaient quasiment sûrs de leur victoire ? Certainement pas bloquer les projets du gouvernement. Entre temps, ils peuvent attendre 2007.

Ali Boukhlef

Partager