A l’approche des examens bouclant les efforts de tout un cycle scolaire et devant le stress et l’angoisse qui gagnent les enfants puis l’inquiétude grandissante devant le phénomène de suicide au sein de cette frange les responsables du secteur éducatif semblent en mesurer les conséquences.
C’est ainsi qu’à l’initiative de l’école primaire Frihi de Draâ Ben Khedda, le CEM Haddad a abrité une rencontre qui a regroupé les enseignants des classes d’examen, les directeurs des écoles primaires et les inspecteurs des deux circonscriptions de la daïra de Draâ Ben Khedda. La rencontre a été animée par le docteur en psychologie et sociologie Mme Morsileb Kheïra. Au cours de sa longue intervention, la conférencière place l’élément «participation» en tête comme «déclic pour toute relation entre enseignant et enseigné». Puis viennent se greffer d’autres maillons de la chaîne. Encourager un élève pour ses efforts, aussi minimes soient-ils, pour que ce dernier «se sente rassuré». Cette assurance en soi provoquera un autre élément flatteur : «le respect mutuel» sans lequel tout message ne pourrait pas passer. Tout travail donné à l’élève doit être contrôlé sinon il serait sans aucune valeur. Il doit être continu «tant à l’école qu’à la maison avec les parents qui ne doivent en aucune manière se dérober et faillir à leur mission première, celle d’assister leur progéniture». La conférencière attire l’attention de l’assistance, en majorité les femmes, sur l’élément «patience» : «Nos enseignants n’ont pas cette culture de patience dans nos écoles et tout langage violent, propos déplacés faits en direction et à la face de l’enfant, le marqueront à jamais. L’humiliation conduit irrémédiablement à de fâcheuses conséquences que nous connaissons aujourd’hui !». L’enseignant ne doit pas négliger trois autres points aussi importants. Tout contrôle d’un travail est suivi «d’appréciations positives ou négatives». Il y a la manière de formuler ces dernières à l’élève qui «ne doit pas se sentir la risée de toute la classe». Mis en «confiance» donnée avec «le sourire», la sanction sera acceptée par l’élève qui l’assumera volontiers. Pour rassurer les enseignants, «ces divers phénomènes ne sont pas le propre de notre pays. Seulement l’influence par différents canaux «y est pour quelque chose». Elle donne quelques chiffres relevés aux Etats-Unis d’Amérique qui comptent 25 millions d’adolescents dont plus d’un million ont des démêlés avec la justice ou sont des repris de justice. Le pays compte 700 000 cas de déperdition scolaire par an, 6 000 suicides, 500 000 tentatives de suicides et 21 millions de cas de fugues enregistrées. La conférencière cite quelques cas en France qui enregistre 240 000 cas de violences verbales chaque trimestre dans les écoles françaises, 22,4 % cas de violence corporelle, 3,3 % de coups et blessures , 01,6% d’agressions sexuelles et 0,2 % de … port d’armes ( blanches et à feu) chez les enfants. Des statistiques ahurissantes ! «Nous n’avons pas atteint ce niveau de violence, mais ce que nous vivons est complètement étranger à nos mœurs et traditions et cela peut avoir un remède si, dès maintenant, nous travaillions en collaboration, notamment l’enseignante et de surcroît mère de famille».
Arous Touil

