Les services des urgences de l’EPH de M’Chedallah sont pris d’assaut de jour comme de nuit par les asthmatiques et ceux ayant des maladies broncho-pulmonaires dites chroniques depuis le début du mois en cours. Une affluence record à tel point où le matériel médical pour le traitement de ce genre de crise dont dispose ce service s’avère insuffisant pour faire face au nombre de malades. Des équipements tel que les masques d’oxygène qu’on applique à tour de rôle sur les patients en pleine crise, l’appareil fait des va-et-vient parmi des malades suffocant au bord de l’étouffement. C’est du moins ce que l’on a constaté de visu lors de notre passage au niveau des salles d’observation de ce service. Les médecins amputent cette recrudescence de ce genre de crise en ce moment précis aux changements climatiques qui virent du froid au chaud et vice versa. Le climat ne commencera à se stabiliser que vers la fin du mois de mai et ces malades chroniques continueront à souffrir durant tout ce temps. C’est aussi la période d’éclosion des fleurs dont le vent éparpille le pollen qui déclenche des crises d’allergie respiratoire aggravée par un taux assez élevé d’humidité. Un phénomène nouveau dans la région qui a commencé par se manifester depuis le remplissage et la mise en service de plusieurs barrages tel que celui Tilesdit dans la commune de Bechloul et Tichy Haf à proximité d’Akbou. Deux immenses réservoirs d’eau qui ont pris en sandwich la région de M’Chedallah à l’origine de l’installation pour de bon d’un microclimat qui bouleverse sensiblement le traditionnel climat de la région qui était auparavant plutôt sec. Abordé sur ce sujet, un médecin dira : «L’idéal sera de mener des campagnes de traitement préventif (existant) à l’approche de cette saison et pourquoi pas distribuer du matériel médical individuel aux malades pour leur éviter de souffrir trop longtemps avant d’être évacués vers un centre hospitalier». Il s’agit aussi un moyen efficace de désengorger les services des urgences qui accueillent un nombre effarant d’accidents de circulation routière en parallèle à un nombre non moins important de patients pour diverses autres maladies qui nécessitent une prise en charge urgente, notamment durant la saison chaude. Une saison qui enregistre son lot d’épidémies et autres intoxications alimentaires au point où ce service des urgences revêt les formes d’un véritable rucher H24 durant la saison estivale. Un autre moyen d’alléger la souffrance de ces malades chroniques serait d’équiper les 26 unités de soins ajoutées aux 6 centres de santé répartis et fonctionnels à travers l’ensemble des communes des daïra de M’Chedallah et une partie de celle de Bechloul en équipement médical nécessaire tel que les masques et bouteilles d’oxygène pour accueillir ces malades à proximité de leurs résidences.
D’autant plus que ces unités de soins et centres de santé relevant de l’EPSP sont suffisamment dotés en moyens humains auxquels ne manque que le matériel pour exécuter convenablement la mission à laquelle ils sont prédestinés. Ce n’est malheureusement pas le cas de la plupart des unités de soins réparties à travers les zones rurales et reculées lesquelles ne disposent même pas de moyens de premiers secours dont l’activité se résume aux renouvellements de pansements, les injections et quelquefois, des consultations durant les journées ouvrables.
Oulaid Soualah
