La commune de Mechtras, dans la daïra de Boghni au sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, peine à sortir du sous-développement qui continue de malmener la population. Toutefois, plusieurs projets ont été accordés à la municipalité depuis plusieurs années, mais l’entame des travaux est renvoyée aux calendes grecques.
A commencer par l’ambitieux projet portant réalisation de 190 logements sociaux et qui est censé réduire la crise du logement qui caractérise la région. Plusieurs familles vivent encore dans des taudis en terre battue. Hormis les 40 logements OPGI, sis à côté du siège de la mairie, qui sont en voie de réalisation, les 150 autres sont loin de sortir de terre. Le choix des terrains a été fait pour la réalisation de 100 logements et les 50 restants sont en attente d’une assiette foncière. Le premier responsable que nous avons questionné à propos de cet énorme retard regrettera : « Il est vrai que le lancement de ces chantiers n’a que trop tardé. Pour notre part, nous avons fait toutes les démarches, nous avons même proposé des assiettes foncières qui devraient convenir à ces bâtisses, mais l’OPGI tarde à passer aux choses sérieuses. Nos concitoyens vivent dans des conditions d’habitat très précaires et attendent impatiemment ces appartements pour commencer une vie décente. Nous appelons l’OPGI à entamer les travaux dans les meilleurs délais ». Un prétendant à un logement social que nous avons rencontré au chef-lieu de Mechtras déplorera : « J’habite dans une maison qui menace de s’écrouler depuis la dernière tempête de février. Les murs sont fissurés et la toiture est une vraie passoire. J’ai du coup formulé une demande de logement social car ne possédant pas de parcelle de terrain à bâtir dans le cadre des aides à l’habitat rural. C’est donc avec impatience que nous attendons le lancement de ces projets, mais notre attente semble s’éterniser. Nous demandons aux responsables concernés de passer à l’action pour nous délivrer du calvaire que nous vivons au quotidien ».
Projet de la maison de jeunes, l’entame n’est pas pour demain
Un projet pourtant accordé à la commune depuis 4 longues années. L’assiette foncière est disponible, les études sont achevées et même l’entreprise est retenue, mais malgré cela, le lancement de ce projet tarde à se faire au grand dam des Mechtrassiens. Signalons que l’encadrement de la maison de jeunes de Mechtras travaille dans des conditions pénibles. Leurs actuels locaux ne sont que ceux d’une ancienne caserne coloniale. Des chalets en préfabriqué avec des toitures en zinc. En été les locaux se transforment en véritable fournaise et en hiver, ces mêmes locaux deviennent des chambres froides. Pourtant la maison des jeunes de Mechtras est l’une des plus actives de la région sud de la wilaya de Tizi-Ouzou. Le maire de Mechtras que nous avons saisi à propos de ce fameux projet dira, non sans regret : « Ce projet existe depuis 4 années. Nous avions saisi l’ancien wali de Tizi-Ouzou, lors des rencontres wali autorités locales et comités de villages, mais hélas rien n’a été fait depuis. Pourtant tout est disponible et prêt pour concrétiser le rêve de tous les Mechtrassiens ». Pour ce qui est de la bibliothèque communale, le retard est tout aussi énorme. Un chantier qui perdure depuis 2007. Le projet du nouveau siège de la mairie, retenu dans le cadre des programmes communaux de développement connait le même sort, il entraîne même dans son sillage le développement de la commune, car au lieu de consacrer les cagnottes des PCD au développement de cette dernière (Assainissement, dallage, revêtement…), chaque année, l’exécutif est contraint de prélever une bonne partie de la subvention pour ce projet qui n’en finit pas. Le vice président de l’APC notera : « Nous avons interpellé les autorités wilayales en vue de nous inscrire ce projet dans le cadre des PSD mais en vain ». Du côté des locaux commerciaux, l’achèvement n’est pas pour demain. Leur projet connaît des arrêts réguliers pour épuisement de budget. Les jeunes prétendants en sont exaspérés : « Comment se fait il que dans d’autres communes voisines, ces locaux sont déjà répartis et les jeunes ont commencé à travailler ? », se demande un jeune chômeur diplômé.
à la station d’épuration, rien n’est fait depuis 2006
La plaine de Mechtras est toujours menacée par une pollution à grand échelle. Elle reçoit les eaux usées des communes avoisinantes (Assi Youcef, Tizi N’Tléta et Souk El Tenine). Mechtras est connue pour être une zone hydrique, elle compte des rivières et pas moins de 745 puits recensés, tous pollués. Du coup, un projet de station d’épuration, au lieudit Ahetsou, a été accordé à la commune en 2006. Seulement jusqu’à ce jour rien n’est fait. Le maire indiquera à ce sujet : « Notre commune risque en effet une pollution à grande échelle, surtout que nous comptons 745 puits et plusieurs rivières polluées. Ces rivières se déverseront directement dans le futur barrage de Tléta. Ce qui veut dire que le risque est grand. Ce projet censé endiguer la population et préserver l’environnement nous a été accordé et l’étude est finalisée depuis 2006. Malheureusement, rien n’est fait à ce jour ». Signalons aussi que la célèbre fontaine du roi (Tala Guilef), une source à grand débit et qui ne tarit jamais a été sabordée par des malfrats depuis 02 années. Son eau se perd dans la rivière. Les travaux de réparation ne sont toujours pas réalisés. Quant au projet de la fameuse décharge intercommunale, il a tout simplement été oublié. D’autres projets existent, mais leur concrétisation n’est toujours pas à l’ordre du jour. L’aménagement urbain dont a bénéficié la commune n’est pas lancé. 350 millions de centimes ont été alloués à ces travaux pour la réalisation des trottoirs au niveau du chef-lieu, l’entreprise est même retenue mais les travaux ne sont pas entamés. Le revêtement en BB du CW147 sur une distance de 1,5 kilomètre allant de Mechtras vers Souk El Tenine est lui aussi en attente. En résumé beaucoup de chantiers accusent du retard et d’autres ne sont même pas encore lancés.
Hocine T.

