Ainsi s’exprime une personne que nous avons rencontrée au niveau de l’Union des handicapés moteurs de Bouira. Visiblement enragée par ce qu’elle qualifie de simulacre, elle tient à nous faire part de son indignation concernant la Journée nationale des handicapés : “Nous en avons marre de participer à une cérémonie où l’on nous offre quelques petits fours et des cadeaux symbolique savec un air de fausses compassions… halte à l’hypocrisie… nous demandons à ce que nos dirigeants prennent davantage de mesures adéquates pour nous faciliter la tâche dans notre quotidien”, tel est cri de colère que pousse cette jeune handicapée, qui nous avoue que sa présence en ces lieux est justifiée par un geste de solidarité : “Je suis venue uniquement pour orienter les handicapés désirant participer à la réception qui est organisée en leur honneur au niveau de l’école des sourds-muets de Bouira… pour ma part je m’abstiendrais de cautionner par ma présence ce genre d’activité que je trouve dérisoire, pour ne pas dire simplement ridicule.” Il est vrai que le mois de mars demeure une période où les commémorations en tout genre se succèdent et pourtant ne s’équivalent pas toutes. Après la Journée internationale de la Protection civile fêtée le 1er mars, la Journée mondiale de la femme célébrée le 08, hier c’était la Journée nationale des handicapés qui a été timidement commémorée. Cependant, dans la wilaya de Bouira en l’absence de structures et d’organismes chargés de prendre une initiative pour marquer cette date purement symbolique, les handicapés, eux, se retrouvent comme d’habitude seuls devant la gabegie des autorités. En effet, pratiquement aucun espace n’est aménagé pour faciliter l’accès aux édifices publics aux 4 000 handicapés moteurs recensés à travers la wilaya, sans compter les autres handicapés toutes catégories confondues, et dont le chiffre avoisinerait les 9000 individus. Ainsi devant le fait accompli, les personnes se déplaçant dans des fauteuils roulants et autres paraplégiques sont contraints, pour la plupart d’entres eux, de rester cloîtrées chez elles. Cette date, le 14 mars, ne restera finalement qu’une date comme les autres, une date empreinte de déception, d’amertume et de regrets pour ces milliers d’handicapés qui n’ont que faire de demi-mesures à leurs égards, à l’exemple de l’initiative d’Algérie Poste qui a décidé de l’émission de timbres-postes en l’honneur des handicapés, alors que ces derniers aspirent uniquement à un accès aménagé auprès des bureaux de postes de leurs lieux de résidence et ce pour faciliter leur déplacement au quotidien comme quoi un petit rien suffirait à rendre le sourire à cette frange de la société qui est marginalisée par le mouvement associatif ainsi que par les partis politiques qui ne prennent en considération que les électeurs valides.
Hafidh B.
