Le tribunal criminel près de la cour de Tizi Ouzou a condamné hier, le dénommé S. Aldi, célibataire, âgé de 26 ans auteur d’une tentative d’homicide volontaire à 3 ans de prison ferme assortis d’une amende de 10 000 DA. Les faits remontent au 22 mars de l’année en cours, lorsque l’auteur a assené trois coups de poignard à H. Karim, en raison d’un différend qui s’est produit entre les deux familles, la veille au village Aïn El Halouf.Lors de l’audience, l’accusé a refusé en bloc les chefs d’inculpations retenus par la chambre d’accusation. Il répondra à la question du juge sur les circonstances de l’acte, qu’il n’avait nullement l’intention de porter atteinte à la vie de son adversaire. “Je me suis uniquement défendu et défendu la dignité de ma mère qui a été tabassée la veille par la victime et sa famille”, dira-t-il au jury.Selon ses propos la victime H. K. était lui aussi armé d’un couteau, “et je me suis défendu pour me rendre justice”. Ce à quoi le président de l’audience a répliqué qu’il existe des institutions qui rendent justice aux victimes et ce n’est nullement aux individus qu’incombe cette mission.La victime à son tour a donné une autre version des faits. Selon laquelle l’accusé lui a fixé un rendez-vous le jour du crime à 10h pour régler le conflit à l’amiable. “Avant d’arriver au lieu convenu, j’ai été surpris par S. A., muni d’un couteau”, dira-t-il avant d’ajouter, “avant même que je lui adresse la parole, il m’a poignardé dans des endroits différents de mon corps”.Cette thèse est conforté par la position du parquet. Lors de son réquisitoire, le procureur général a requis une peine de dix ans de prison ferme en se basant sur l’existence de l’intention criminelle.“Si l’intention de l’auteur n’était pas l’homicide, il aurait suffit d’un seul coup de couteau”.Le rapport médical dira le procureur indique que la victime a reçu plusieurs coups de couteau qui lui ont valu plus de 21 jours d’incapacité de travail et cinq jours de coma. Il a soutenu également que le choix des endroits visés lors de l’altercation, à savoir le ventre et la tête sont des indices qui confortent la thèse d’une volonté d’assassiner.La défense quant à elle a tenté, de minimiser le verdict en plaidant de larges circonstances atténuantes en prenant en considération le statut social de l’auteur. Elle a également mis en relief des lacunes constatées lors de l’enquête. “L’enquête n’a pas pris en considération tous les aspects de l’affaire”, a plaidé M. Berkaïne. Il a souligné qu’il y a eu une altercation entre deux personnes et la seule différence est l’ampleur des blessures que chacun d’eux a subi;Au terme des délibérations, le jury a requalifié l’accusation en adoptant à l’unanimité le chef d’inculpation, coups et blessures volontaires au lieu de tentative d’homicide volontaire mais sans faire bénéficié S. Aldi de circonstances atténuantes.
M. Aït Frawsen
